Cette journée internationale met en lumière le rôle des femmes dans la diplomatie et la gouvernance mondiale, tout en rappelant les défis liés à leur participation encore limitée dans de nombreuses institutions nationales et internationales.
À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, Mbambu Luvuno Dévote, représentante de la synergie des organisations féminines, estime que malgré leurs compétences et leur engagement, les femmes restent encore sous-représentées dans les espaces où se définissent les grandes orientations politiques, économiques et sociales du pays.
« Malgré les compétences et les capacités dont disposent les femmes, leur présence dans les postes de prise de décision reste encore très limitée en République démocratique du Congo. Pourtant, nous constituons une part importante de la population et nous participons activement au développement de nos communautés. Il est donc essentiel que notre voix soit davantage prise en compte dans les instances de décision », a déclaré Mbambu Luvuno Dévote.
Selon elle, cette sous-représentation limite la pleine contribution des femmes au développement national, alors même qu’elles jouent un rôle central dans la vie sociale, économique et communautaire.
« Trop souvent, les décisions importantes sont prises sans une implication suffisante des femmes. Cela réduit la diversité des perspectives et limite l’efficacité des politiques publiques. Pourtant, lorsque les femmes sont associées aux processus décisionnels, les résultats sont souvent plus inclusifs et mieux adaptés aux réalités des communautés », a-t-elle ajouté.
Engagée également dans les initiatives de paix et de développement, elle souligne le rôle stratégique des femmes dans la consolidation de la cohésion sociale, particulièrement dans les zones affectées par les conflits.
« Les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans la consolidation de la paix. Grâce à leur proximité avec les communautés et à leur capacité de dialogue, elles contribuent à apaiser les tensions et à rapprocher les différentes composantes de la société. Dans les régions touchées par les conflits, leur implication est indispensable pour bâtir une paix durable », a-t-elle affirmé.
Elle précise toutefois que le combat des femmes ne vise pas à exclure les hommes des instances de décision, mais plutôt à promouvoir une représentation équilibrée et équitable.
« Il ne s’agit pas de remplacer les hommes, mais d’obtenir une représentation juste et équilibrée. Les femmes doivent pouvoir apporter leur vision, leurs compétences et leur expertise aux côtés des hommes, pour construire ensemble le développement de notre pays », a-t-elle souligné.
Il convient de rappeler qu’en République démocratique du Congo, plusieurs femmes occupent aujourd’hui des postes de haute responsabilité, notamment à la tête du gouvernement avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi qu’au ministère des Affaires étrangères dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner.
Dans la ville de Butembo, cette journée est ainsi l’occasion de relancer le débat sur l’équité de genre dans les instances de décision et sur la nécessité de renforcer la participation féminine dans la gouvernance publique.
Esperanza Sindani depuis Butembo