Nord-Kivu : l’ONG Human Rights Watch alerte sur de présumées violations des droits humains dans des sites de détention

Nord-Kivu : l’ONG Human Rights Watch alerte sur de présumées violations des droits humains dans des sites de détention

L'ONG évoque des cas présumés de recrutements forcés, de violences et de privations dans des centres de détention situés à Rumangabo et Tshanzu

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Ghislain Lukambo

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L'ONG internationale de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a publié un nouveau rapport attirant l'attention sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Dans ce document, l'organisation affirme avoir recueilli des témoignages faisant état de graves violations des droits humains qui auraient été commises dans certains sites de détention du Nord-Kivu après la prise de la ville de Goma par le mouvement rebelle M23 en janvier 2025.

Selon Human Rights Watch, les faits rapportés se seraient déroulés principalement dans les localités de Rumangabo et de Tshanzu, deux zones situées dans le territoire de Rutshuru. L'organisation indique avoir mené des entretiens avec plusieurs personnes qui affirment avoir été détenues ou avoir eu connaissance des conditions de détention dans ces sites.

Le rapport évoque notamment des allégations de recrutements forcés, de mauvais traitements, de violences physiques ainsi que de privations de nourriture et de soins médicaux. Human Rights Watch précise que ses conclusions reposent sur des témoignages recueillis auprès de victimes présumées, de témoins et d'autres sources jugées crédibles par l'organisation.

L'ONG estime que ces allégations méritent des enquêtes indépendantes afin d'établir les responsabilités et de garantir la protection des droits fondamentaux des personnes concernées.

"Les témoignages recueillis par nos chercheurs décrivent des conditions de détention particulièrement préoccupantes. Plusieurs personnes interrogées affirment avoir subi des violences ou avoir été contraintes à participer à des activités contre leur volonté. Ces allégations soulignent la nécessité d'un accès indépendant aux lieux de détention et d'enquêtes impartiales permettant de vérifier les faits rapportés et d'assurer le respect du droit international humanitaire," extrait des conclusions du rapport de Human Rights Watch.

Dans son rapport, Human Rights Watch appelle les différentes parties impliquées dans le conflit à respecter les conventions internationales relatives à la protection des civils et des personnes privées de liberté. L'organisation plaide également pour un renforcement des mécanismes de surveillance des droits humains dans les zones affectées par les affrontements armés.

Les révélations contenues dans ce document interviennent alors que plusieurs organisations nationales et internationales continuent de documenter les conséquences humanitaires de l'insécurité persistante dans l'est du pays. Les conflits armés qui secouent cette région depuis plusieurs décennies ont provoqué d'importants déplacements de populations et exposé les civils à de multiples formes de violences.

Pour Human Rights Watch, la protection des populations civiles doit demeurer une priorité pour tous les acteurs concernés par la crise sécuritaire dans le Nord-Kivu.

"Les personnes détenues, quelles que soient les accusations portées contre elles ou leur situation, doivent être traitées conformément aux normes internationales relatives aux droits humains. Les autorités compétentes ainsi que les acteurs impliqués dans le conflit ont l'obligation de prévenir les abus, d'enquêter sur les violations présumées et de garantir que les victimes puissent obtenir justice et réparation lorsque les faits sont établis."

Alors que ce rapport relance le débat sur la protection des droits humains dans les zones sous contrôle de groupes armés, plusieurs observateurs estiment que des investigations indépendantes et transparentes demeurent essentielles pour établir les faits et renforcer la lutte contre l'impunité dans les régions affectées par les conflits.

Depuis Goma, Salomon Kwiraviwe.

Tags : # Actualité # RDC

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