Préparer les jeunes filles à la menstruation demeure encore un sujet sensible, voire tabou, dans plusieurs familles de la ville de Butembo. À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle célébrée chaque 28 mai, plusieurs adolescentes rencontrées ce vendredi 29 mai 2026 ont exprimé leur inquiétude face au silence qui entoure encore cette question dans la communauté.
Nombreuses sont celles qui affirment n’avoir jamais reçu d’explications de la part de leurs parents au sujet des menstruations avant l’apparition de leurs premières règles. Une situation qui plonge plusieurs jeunes filles dans la peur, la confusion et parfois même dans un profond sentiment de honte.
Certaines adolescentes expliquent qu’elles découvrent souvent ces réalités à travers leurs camarades, à l’école ou encore grâce aux réseaux sociaux, faute d’échanges ouverts au sein de leurs familles.
Pour plusieurs d’entre elles, le manque d’accompagnement parental crée une véritable fragilité psychologique chez les jeunes filles qui grandissent sans préparation adéquate à cette étape naturelle de la vie.
« Beaucoup de parents considèrent encore les menstruations comme un sujet interdit. Pourtant, lorsqu’une fille voit ses premières règles sans aucune préparation, elle peut croire qu’elle est malade ou victime d’un problème grave. Certaines pleurent, d’autres paniquent parce qu’elles ne savent même pas quoi faire. Les parents doivent apprendre à parler librement avec leurs filles », témoigne une adolescente rencontrée à Butembo.
D’autres jeunes filles estiment que cette absence de communication entretient également des complexes et des frustrations chez plusieurs adolescentes qui hésitent à demander de l’aide lorsqu’elles font face à des difficultés liées à leur hygiène menstruelle.
Elles appellent ainsi les familles à jouer pleinement leur rôle éducatif afin de permettre aux jeunes filles d’aborder cette période avec confiance et sérénité.
« Une fille bien préparée à la menstruation grandit avec plus de confiance en elle. Lorsqu’on explique à une enfant que les règles sont naturelles, elle évite la peur, la honte et l’humiliation. Beaucoup de filles souffrent en silence parce qu’elles n’osent pas poser des questions. Les parents doivent accompagner leurs enfants au lieu de laisser ce rôle uniquement à l’école ou aux amies », explique une autre adolescente.
Dans plusieurs communautés, les menstruations restent encore entourées de nombreuses croyances et stigmatisations qui compliquent davantage l’accès des jeunes filles à une information correcte et à une bonne hygiène menstruelle.
Des acteurs sociaux et éducatifs estiment pourtant qu’une meilleure sensibilisation des familles pourrait contribuer à lutter contre les discriminations, les abandons scolaires et les problèmes de santé liés au manque d’informations sur la menstruation.
Rappelons que les menstruations constituent un phénomène biologique naturel qui apparaît chez la femme dès la puberté et se poursuit jusqu’à la ménopause. Pour les spécialistes, une bonne éducation menstruelle reste essentielle pour protéger la santé physique et psychologique des adolescentes.