L’annonce du président de la République Félix Tshisekedi concernant sa volonté de recourir à un référendum pour modifier la Constitution congolaise continue de provoquer des réactions au sein de l’opinion publique. À Butembo, plusieurs activistes pro-démocratie dénoncent une initiative qu’ils jugent inopportune dans un contexte marqué par la persistance de la guerre dans l’Est du pays.
Ces acteurs de la société civile estiment que l’occupation de certaines villes et territoires par les groupes rebelles risque d’exclure une partie importante de la population du processus référendaire. Selon eux, les conditions sécuritaires actuelles ne garantissent ni l’inclusivité ni la crédibilité d’un éventuel scrutin constitutionnel.
Le secrétaire général du mouvement Jeunes Patriotes de Butembo, Maître Paluku Makeo Serge, considère que tous les Congolais doivent participer à une éventuelle réforme constitutionnelle, y compris ceux vivant dans les zones sous occupation rebelle.
« Les habitants de Goma, Bukavu et d’autres zones occupées restent des citoyens congolais à part entière. Ils doivent également avoir la possibilité de donner leur point de vue sur toute réforme constitutionnelle », a-t-il déclaré.
Pour cet activiste, organiser un référendum alors qu’une partie du territoire national échappe encore au contrôle de l’État pourrait accentuer les frustrations et remettre en cause la légitimité du processus.
De son côté, Kasereka Maghetse Kasma, membre du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), estime que la Constitution actuelle ne constitue pas un obstacle dans la gestion des défis sécuritaires auxquels fait face le pays.
« Aucun article de la Constitution n’empêche aujourd’hui le président de la République de faire face aux agresseurs. Le véritable problème reste la sécurité et non la Constitution », a-t-il affirmé.
Dans les rues de Butembo, le débat divise également l’opinion entre ceux qui soutiennent une réforme constitutionnelle et ceux qui appellent plutôt les autorités à concentrer leurs efforts sur le rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
Alors que les discussions se poursuivent à travers le pays, plusieurs observateurs craignent que cette question constitutionnelle ne vienne raviver les tensions politiques dans un climat déjà fragilisé par l’insécurité et les défis humanitaires auxquels la République démocratique du Congo reste confrontée.