Depuis 1967, la Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée chaque 8 septembre à travers le monde. Elle vise à rappeler aux décideurs, aux acteurs de l’éducation et à l’ensemble de la société l’importance de l’alphabétisation dans la construction d’une société plus instruite, juste, pacifique et durable. À Butembo, la RTEE Kivu s’est intéressée, pour cette édition 2026, au programme d’alphabétisation mis en œuvre par Actions des Communautés Paysannes pour le Développement Intégré, ACPDI, au bénéfice des populations des territoires de Lubero et de Beni.
Cette formation ne se limite pas à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, mais intègre également des notions d’entrepreneuriat et d’autonomisation. Pour le chargé de programme de l’ACPDI, l’alphabétisation constitue avant tout un droit fondamental permettant aux personnes d’accéder à d’autres droits, de renforcer leur autonomie et de participer davantage à la vie de la société. L’organisation accorde une attention particulière aux femmes, aux filles-mères et aux autres catégories sociales ayant besoin d’un accompagnement pour favoriser leur intégration.
« Dans notre programme, nous accordons une attention particulière aux femmes, aux filles-mères et à toutes les autres couches sociales qui ont besoin d’être accompagnées pour mieux s’intégrer dans la société. Pour nous, l’alphabétisation ne consiste pas seulement à apprendre à lire et à écrire. Elle doit permettre à l’apprenant de devenir autonome, de comprendre son environnement, de connaître ses droits et de pouvoir participer pleinement à la vie de sa communauté », a expliqué Kambale Muhendero Samuel.
La particularité du programme de l’ACPDI réside également dans l’introduction de l’esprit d’entreprendre au sein des activités d’apprentissage.

Salle de classe avec des apprenants variés
Les bénéficiaires sont ainsi encouragés à utiliser les connaissances acquises pour développer des initiatives susceptibles d’améliorer leurs conditions de vie.
« Nous voulons que l’alphabétisation puisse déboucher sur quelque chose de concret dans la vie de l’apprenant. C’est pourquoi nous initions également nos bénéficiaires à l’esprit d’entreprendre. Une personne qui apprend à lire et à écrire doit pouvoir utiliser ces connaissances pour développer une activité, gérer ses petites initiatives, prendre des décisions et contribuer à l’amélioration des conditions de vie de sa famille. L’objectif est donc de faire de l’alphabétisation un véritable outil d’autonomisation », a précisé Kambale Muhendero Samuel.
Avec l’évolution des technologies, l’ACPDI estime par ailleurs que les programmes d’alphabétisation doivent désormais intégrer les compétences numériques. L’usage des téléphones, des outils informatiques et des autres supports numériques fait partie des nouvelles connaissances nécessaires pour une meilleure participation à la société.
« Aujourd’hui, l’alphabétisation doit aussi tenir compte de l’évolution technologique. Il ne suffit plus de savoir lire et écrire sur papier ; il faut également apprendre aux personnes à utiliser les outils numériques, parce que ces outils sont devenus indispensables dans plusieurs domaines de la vie. Nous devons donc adapter nos programmes aux réalités actuelles afin que les apprenants puissent également évoluer dans cet environnement numérique », a souligné Kambale Muhendero Samuel.
Malgré les progrès enregistrés, les défis restent importants à l’échelle mondiale. Selon les données rappelées à l’occasion de cette journée, au moins 739 millions de jeunes et d’adultes ne disposaient toujours pas des compétences de base en lecture et en écriture en 2024. Par ailleurs, quatre enfants sur dix n’atteignent pas le niveau minimum de compétences en lecture, tandis que 272 millions d’enfants et d’adolescents étaient déscolarisés en 2023. Ces chiffres rappellent l’importance de poursuivre les efforts en faveur d’une éducation accessible et inclusive, notamment dans les communautés les plus vulnérables.
Babacar Vikwa depuis Butembo.