Au lendemain de la célébration de la Journée mondiale de la jeunesse, commémorée chaque année le 25 juillet, les préoccupations de la jeunesse congolaise demeurent au cœur des débats. À Beni, plusieurs citoyens estiment que les jeunes continuent de faire face à de nombreux obstacles qui compromettent leur épanouissement, notamment l'insécurité persistante, le chômage et le manque d'opportunités. Ils invitent les autorités à traduire leurs engagements en actions concrètes afin d'offrir un avenir plus prometteur à cette frange importante de la population.
À l'occasion de cette journée dédiée à la jeunesse, RTEE Kivu s'est entretenue avec Fabrice Saambili, citoyen de la ville de Beni. Celui-ci estime que les jeunes de la République démocratique du Congo, en particulier ceux vivant dans la région de Beni, évoluent dans un contexte difficile marqué par l'insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d'accès à l'emploi.
Selon lui, malgré ces contraintes, les jeunes continuent de faire preuve de résilience et d'un fort potentiel de développement. Il estime toutefois que cet élan risque de s'essouffler si les pouvoirs publics ne mettent pas en œuvre des politiques capables de répondre aux attentes de cette catégorie de la population.
« La jeunesse constitue la principale richesse de notre pays, mais elle continue malheureusement à vivre dans des conditions très difficiles. À Beni, l'insécurité reste le premier défi qui empêche beaucoup de jeunes de réaliser leurs projets. Plusieurs sont contraints d'abandonner leurs études, d'autres peinent à trouver un emploi ou à entreprendre à cause de la peur permanente. Pourtant, ces jeunes ont des compétences, des idées et la volonté de contribuer au développement de la nation. Ils ont simplement besoin d'un environnement sécurisé et de véritables opportunités pour exprimer leur potentiel », a déclaré Fabrice Saambili.
Au-delà de la question sécuritaire, il invite les autorités à renforcer les politiques publiques destinées à l'encadrement de la jeunesse. Il plaide notamment pour la création d'emplois, le soutien à l'entrepreneuriat des jeunes, l'amélioration de la formation professionnelle ainsi que l'accompagnement des initiatives locales portées par les organisations de jeunesse.
« Nous demandons aux autorités locales, provinciales et nationales de passer des promesses aux actes. Les jeunes ont besoin d'investissements dans l'éducation, la formation professionnelle, les infrastructures sportives et culturelles, mais aussi d'un véritable accompagnement pour créer leurs propres activités génératrices de revenus. Restaurer la sécurité à Beni demeure une priorité, car aucun développement durable n'est possible tant que les populations vivent sous la menace des groupes armés. En cette Journée mondiale de la jeunesse, nous espérons que les décideurs entendront la voix des jeunes et feront de leur épanouissement une priorité nationale », a-t-il ajouté au micro de Faraja Katho.
Instituée pour mettre en lumière le rôle des jeunes dans le développement des sociétés, la Journée mondiale de la jeunesse constitue également une occasion de sensibiliser les décideurs aux défis auxquels cette catégorie de la population est confrontée. À Beni, plusieurs acteurs estiment que la promotion de la paix, l'accès à l'emploi et l'amélioration des conditions de vie demeurent des priorités indispensables pour permettre à la jeunesse de participer pleinement au développement de la République démocratique du Congo.
Reportage de Faraja Katho