Tracasserie routière : les agriculteurs de Beni-Mbau pris en otage sur l’axe Oicha-Mamove

Tracasserie routière : les agriculteurs de Beni-Mbau pris en otage sur l’axe Oicha-Mamove

Multiples contrôles illégaux et extorsions : « Nous payons pour passer sur nos propres terres »

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Ghislain Lukambo

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Sur la route de desserte agricole Oicha-Mamove-Beu-Manyama, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, les agriculteurs du groupement Bakaiku et ceux de la localité Bakila Tenambo (secteur de Beni-Mbau) subissent une véritable tracasserie routière. De nombreux services affectés sur des postes de contrôle improvisés exigent des taxes informelles, bloquant l’écoulement des produits agricoles et appauvrissant les populations locales.

Notre permanent à Oicha, Jadot Kyeya, a recueilli le témoignage accablant d’un exploitant agricole.

« Chaque fois que nous transportons nos sacs de maïs ou de haricots vers Oicha, on nous arrête au moins trois fois. On nous demande 500, 1000 francs congolais par sac. Si nous refusons, on nous confisque la marchandise. Nous payons pour passer sur nos propres terres ! », s’est indigné un agriculteur joint par téléphone.

Les producteurs dénoncent également l’absence de réaction des autorités locales.

« Nous avons interpellé le chef de secteur, mais rien n’a changé. Les barrières illégales se multiplient, et les hommes en uniforme menacent de nous envoyer en prison si nous osons résister », ajoute un autre membre du groupement Bakaiku. Cette situation a provoqué une hausse artificielle des prix des denrées sur les marchés d’Oicha et de Beni, pénalisant à la fois producteurs et consommateurs.

Des organisations de la société civile appellent le gouverneur du Nord-Kivu à ordonner le démantèlement de ces postes de contrôle fantômes.

« Nous demandons une patrouille mixte FARDC-Police pour sécuriser l’axe et traquer les éléments véreux qui se font passer pour des agents de l’État », a plaidé un militant des droits humains. En attendant, les agriculteurs menacent de suspendre l’acheminement des vivres vers les centres urbains si rien n’est fait.

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