Au Sud-Kivu, les acteurs de la société civile appellent les représentants des communautés Lega et Shi à se réunir afin de rechercher ensemble une issue aux violences et de restaurer durablement la paix. Ils estiment que les tensions communautaires ne doivent pas servir de prétexte à des personnes impliquées dans les assassinats pour dissimuler leurs actes.
Pour la société civile, la priorité doit être donnée à l’identification des véritables responsables des violences et au démantèlement des réseaux qui seraient à l’origine des actes criminels signalés dans certaines zones de la province. Elle encourage parallèlement les communautés concernées à éviter les discours de haine et à privilégier le dialogue afin de prévenir une escalade des tensions.
Les organisations de la société civile appellent également les autorités compétentes à renforcer les enquêtes et à établir les responsabilités, afin que les auteurs des assassinats soient identifiés et traduits en justice.
Samy Takimbula, président du Bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, insiste au micro d’Eugide Abalawi sur la nécessité d’une démarche concertée :
« Nous appelons les représentants des communautés Lega et Shi à se retrouver autour d’une même table pour rechercher ensemble les voies et moyens de mettre fin à ces violences et de restaurer la paix. Il ne faut surtout pas permettre que les tensions communautaires soient exploitées par des personnes qui seraient impliquées dans les assassinats pour masquer leurs propres actes. Lorsqu’un crime est commis, il faut que les enquêtes permettent d’identifier les véritables auteurs et de les traduire devant la justice, au lieu de laisser la suspicion s’installer entre les communautés. Nous demandons donc aux autorités compétentes de faire leur travail, d’identifier et de démanteler le réseau qui serait à l’origine de ces violences et de protéger la population. En même temps, nous lançons un appel aux communautés Lega et Shi pour qu’elles ne cèdent pas à la provocation et qu’elles privilégient le dialogue. Nous devons éviter que quelques actes criminels puissent provoquer une confrontation entre des communautés qui ont longtemps vécu ensemble. La société civile est prête à accompagner toute initiative qui pourra permettre de rétablir la confiance, de faire la lumière sur les assassinats et de ramener durablement la paix dans les zones concernées », déclare Samy Takimbula.
Pour la société civile, la lutte contre l’insécurité doit donc combiner les efforts des autorités, des communautés et des organisations locales. La clarification des responsabilités dans les violences apparaît comme une étape essentielle pour éviter les accusations collectives et empêcher que les tensions communautaires ne dégénèrent.
Les acteurs de la société civile réitèrent ainsi leur appel à une rencontre entre les représentants Lega et Shi, tout en demandant aux autorités de renforcer les investigations afin de mettre hors d’état de nuire les personnes ou réseaux responsables des violences.
Eugide Abalawi depuis Bukavu