Sud-Kivu : la pénurie de semences inquiète les agriculteurs de Kabare et Walungu

Sud-Kivu : la pénurie de semences inquiète les agriculteurs de Kabare et Walungu

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Ghislain Lukambo

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À l’approche de la prochaine saison culturale, la disponibilité des semences devient une préoccupation majeure pour plusieurs agriculteurs des territoires de Kabare et Walungu, au Sud-Kivu. Déjà confrontés à l’irrégularité des pluies, à l’appauvrissement et à la dégradation des sols, les producteurs craignent que le manque de semences adaptées ne compromette davantage leurs prochaines récoltes. Dans plusieurs communautés rurales, l’agriculture constitue pourtant une source essentielle de revenus et d’alimentation pour les ménages, faisant de cette pénurie une question qui dépasse largement le seul secteur agricole.

Cette situation intervient dans un contexte où les agriculteurs doivent également composer avec l’incertitude liée au calendrier des précipitations. Pour les producteurs, disposer de semences au moment opportun est essentiel afin d’éviter des semis précoces ou tardifs susceptibles d’entraîner de mauvaises récoltes. Face à ces difficultés, les acteurs du secteur agricole encouragent notamment la solidarité entre producteurs, mais aussi une meilleure organisation afin de préserver les semences disponibles et d’éviter leur utilisation sans tenir compte des conditions climatiques.

Joint au téléphone par Eugide Abalawi, Herman Mutabataba, expert dans le secteur agricole au Sud-Kivu, estime que les agriculteurs doivent rester particulièrement prudents dans la préparation de cette nouvelle saison culturale.

« La question des semences doit être prise très au sérieux parce qu’elle constitue la base même de la prochaine production agricole. Nous sommes dans une situation où plusieurs agriculteurs de Kabare et de Walungu éprouvent déjà des difficultés à trouver suffisamment de semences de qualité. À cela s’ajoutent l’irrégularité des pluies et la dégradation progressive des sols, qui rendent la production de plus en plus incertaine. Nous encourageons donc les agriculteurs à ne pas attendre le dernier moment pour rechercher leurs semences et surtout à privilégier des semences adaptées aux conditions locales. Il faut également renforcer la solidarité entre producteurs. Lorsqu’un agriculteur dispose d’une quantité suffisante de semences, il peut, dans la mesure du possible, aider un autre producteur qui se trouve en difficulté. Mais il faut aussi éviter de semer simplement parce que quelques pluies sont tombées. Le calendrier des semis doit tenir compte de la régularité des précipitations afin de réduire les risques de perte. »

L’expert appelle également les agriculteurs à privilégier les échanges d’informations et les bonnes pratiques agricoles au sein des communautés. Selon lui, une meilleure coordination entre producteurs pourrait contribuer à limiter les conséquences de la pénurie et à favoriser une utilisation plus rationnelle des semences disponibles. Il recommande notamment aux agriculteurs de se rapprocher des services et organisations spécialisés dans l’agriculture afin d’obtenir des conseils adaptés au contexte de leur milieu.

« Nous devons comprendre que le problème des semences ne peut pas être résolu uniquement au niveau d’un seul agriculteur. Il faut une approche communautaire. Les producteurs doivent se parler, partager les informations et, lorsque c’est possible, organiser des mécanismes de solidarité pour permettre à ceux qui ont moins de semences de ne pas abandonner la saison culturale. Il faut également être très prudent avec le moment du semis. Avec les changements que nous observons dans la régularité des pluies, il devient risqué de se baser uniquement sur les habitudes des années précédentes. Un agriculteur peut préparer son champ, mais s’il sème au mauvais moment et que les pluies s’arrêtent ensuite pendant plusieurs jours, il risque de perdre toute sa production. Nous conseillons donc d’observer attentivement les conditions météorologiques, de demander conseil aux techniciens agricoles et de privilégier une préparation anticipée des semences. Cela peut permettre de réduire considérablement les risques au début de la saison. »

Au-delà de la pénurie actuelle, la situation met en évidence les difficultés structurelles auxquelles sont confrontés les producteurs de Kabare et Walungu. L’accès aux semences de qualité, la fertilité des sols et la régularité des précipitations demeurent des facteurs déterminants pour la réussite des campagnes agricoles.

En attendant une éventuelle intervention des autorités, des organisations agricoles et des partenaires du secteur, les producteurs sont appelés à renforcer leur collaboration et à préparer soigneusement la prochaine saison culturale. Pour les acteurs du secteur, une bonne anticipation, combinée à une utilisation rationnelle des semences et à un choix prudent du moment des semis, pourrait contribuer à limiter les risques de mauvaises récoltes.

Herman Mutabataba, expert dans le secteur agricole au Sud-Kivu, a été joint au téléphone par Eugide Abalawi.

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