Quelques jours après la fusillade survenue à bord d’un bateau sur le lac Kivu, les réactions continuent de se multiplier dans la province du Sud-Kivu. Plusieurs acteurs de la société civile ainsi que des habitants appellent les autorités à mettre en place une réglementation stricte sur le transport des militaires porteurs d’armes, aussi bien sur les voies lacustres que terrestres. Selon eux, une meilleure organisation de ces déplacements permettrait de réduire les risques d’incidents et de renforcer la sécurité des voyageurs.
Cette demande intervient alors que les circonstances exactes de la fusillade restent encore à établir par les services compétents. Le drame, qui s’est produit à bord d’une embarcation sur le lac Kivu, a fait un mort et trois blessés, provoquant l’inquiétude parmi les usagers habitués à emprunter cette voie de transport reliant plusieurs entités du Sud-Kivu.
Pour plusieurs habitants, la présence d’hommes armés parmi les passagers civils nécessite des mesures d’encadrement plus rigoureuses afin d’éviter que des différends ou des manipulations d’armes ne se transforment en drames. Ils plaident notamment pour un contrôle renforcé avant l’embarquement et une meilleure coordination entre les services de sécurité et les responsables du transport lacustre.
Réagissant à cette situation, Idée Bakulu, un voyageur, estime que la sécurité des passagers doit être placée au centre des préoccupations des autorités.
« Les voies de transport sont utilisées par tout le monde, des civils comme des agents de sécurité. Mais lorsqu’une arme se retrouve dans un espace où voyagent des personnes non armées, le risque devient très élevé. Nous demandons aux autorités de prendre des dispositions claires pour réglementer le déplacement des militaires avec leurs armes, surtout dans les bateaux où plusieurs personnes sont obligées de partager un espace réduit. Il faut éviter que des incidents qui peuvent être prévenus ne causent encore des pertes en vies humaines », a déclaré Idée Bakulu dans des propos recueillis par Eugide Abalawi.
Les acteurs de la société civile appellent également à ce que les responsabilités soient établies dans cette affaire afin de rendre justice aux victimes et de rassurer la population. Ils estiment qu’une enquête transparente permettra de comprendre les circonstances ayant conduit à cette fusillade et d’adopter des mesures adaptées.
« Nous attendons que les autorités compétentes fassent toute la lumière sur ce qui s’est passé. La population a besoin de comprendre les circonstances de cet incident pour éviter les rumeurs et retrouver confiance dans les moyens de transport publics. La discipline dans le port d’armes et leur utilisation doit être une priorité partout, car la sécurité des citoyens dépend aussi du comportement de ceux qui portent les armes », ajoutent plusieurs habitants interrogés.
En attendant les conclusions de l’enquête, les usagers du lac Kivu appellent à des mesures préventives afin de garantir des déplacements plus sûrs pour tous. Pour eux, le transport des personnes armées dans les espaces civils doit être mieux organisé pour éviter la répétition de situations similaires.
Eugide Abalawi depuis Bukavu