À moins d'un mois de la rentrée scolaire fixée au 1er septembre 2026 en République démocratique du Congo, le Conseil territorial de la jeunesse de Kabare tire la sonnette d'alarme sur le risque d'une augmentation significative des abandons scolaires. Dans un contexte marqué par les effets persistants de la crise sécuritaire et des difficultés économiques, cette structure estime que de nombreuses familles pourraient être incapables de réunir les moyens nécessaires pour envoyer leurs enfants à l'école. Elle appelle les autorités publiques, les partenaires humanitaires ainsi que les personnes de bonne volonté à mettre en place des mesures urgentes afin de préserver le droit à l'éducation.
Selon le Conseil territorial de la jeunesse, plusieurs ménages du territoire de Kabare continuent de subir les conséquences des conflits armés qui ont entraîné des déplacements de populations, la perte des moyens de subsistance et une détérioration des conditions de vie. À l'approche de la rentrée scolaire, de nombreux parents peinent à réunir les ressources nécessaires pour acheter les fournitures scolaires ou s'acquitter des différents frais liés à la scolarité de leurs enfants.
Cette situation fait craindre une baisse du taux de fréquentation scolaire, particulièrement parmi les enfants issus des familles les plus vulnérables.
« Nous redoutons que de nombreux enfants ne puissent pas reprendre le chemin de l'école cette année en raison des difficultés économiques que traversent leurs familles. Plusieurs parents ont perdu leurs activités génératrices de revenus à cause de l'insécurité, tandis que d'autres vivent encore dans des conditions de déplacement qui ne leur permettent pas de préparer convenablement la rentrée scolaire. Si rien n'est fait rapidement, le territoire de Kabare pourrait enregistrer une hausse importante des abandons scolaires, avec des conséquences durables sur l'avenir de toute une génération », alerte Blaise Murhula, président du Conseil territorial de la jeunesse de Kabare.
Face à cette situation, la structure de jeunesse recommande une mobilisation collective afin de permettre aux enfants de reprendre les cours dans de bonnes conditions. Elle plaide notamment pour une assistance ciblée en faveur des familles les plus affectées, à travers la distribution de kits scolaires, des appuis financiers ou encore l'allègement de certains frais scolaires.
Le Conseil territorial estime également que le retour durable de la paix demeure une condition essentielle pour garantir un accès normal à l'éducation dans cette partie du Sud-Kivu.
« Nous lançons un appel aux autorités nationales et provinciales, aux organisations humanitaires, aux confessions religieuses ainsi qu'à toutes les personnes de bonne volonté afin qu'elles unissent leurs efforts pour soutenir les familles vulnérables avant la rentrée scolaire. Chaque enfant a droit à l'éducation, quelles que soient les difficultés que traverse sa famille. Nous demandons également que les initiatives en faveur de la paix soient renforcées, car seule la stabilité permettra aux enfants d'étudier dans un environnement sécurisé et de construire sereinement leur avenir », insiste Blaise Murhula.
À quelques semaines de la reprise des cours, le Conseil territorial de la jeunesse de Kabare espère que cet appel sera entendu afin d'éviter que les conséquences de la crise sécuritaire et économique ne privent davantage d'enfants de leur droit fondamental à l'éducation. Les acteurs locaux rappellent que l'école demeure un levier essentiel pour le développement de la communauté et la reconstruction des zones affectées par les conflits.
Constat Egide Abalawi, depuis Bukavu