Le démarrage des années scolaires en République démocratique du Congo est régulièrement marqué par des mouvements de grève des enseignants, une situation qui affecte également la province éducationnelle Nord-Kivu II. Pour le chef de travaux Paluku Karongo Pantaléon, enseignant universitaire et secrétaire général académique de l’ISP Muhangi à Butembo, la répétition des grèves à la rentrée perturbe le fonctionnement du système éducatif et compromet les objectifs pédagogiques. Cet ancien secrétaire permanent du SYECO Butembo appelle les enseignants à privilégier d’autres moyens de revendication et à renforcer le dialogue avec le gouvernement.
Selon le chef de travaux Paluku Karongo Pantaléon, le déclenchement systématique des mouvements de grève au début de l’année scolaire perturbe la planification pédagogique. Cette situation prive les apprenants de plusieurs jours de cours, affecte leur motivation et complique l’atteinte des objectifs prévus dans les programmes scolaires.
« Lorsque chaque rentrée scolaire commence par une grève, cela perturbe sérieusement la planification pédagogique. Les enseignants ont des revendications légitimes, mais les apprenants ne doivent pas être les principales victimes de ces mouvements. La répétition des grèves entraîne des retards dans l’exécution des programmes, démotive certains élèves et compromet les objectifs que l’école doit atteindre au cours de l’année scolaire. Il faut donc trouver des mécanismes qui permettent aux enseignants de défendre leurs droits tout en protégeant l’intérêt des apprenants », explique Paluku Karongo Pantaléon.
L’enseignant estime également que les revendications professionnelles ne doivent pas se concentrer uniquement sur la période de rentrée scolaire. Il invite les enseignants à examiner régulièrement leurs conditions de travail et à utiliser les mécanismes de dialogue et de négociation pour faire entendre leurs préoccupations.
« Les enseignants ne doivent pas attendre uniquement la rentrée scolaire pour poser leurs revendications. Ils doivent réfléchir sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien et utiliser les mécanismes appropriés pour obtenir des solutions. La grève ne doit pas devenir le seul moyen de revendication. Les enseignants doivent également interroger leur conscience sur les conséquences de ces mouvements sur les apprenants et rechercher d’autres moyens efficaces pour défendre leurs droits », poursuit-il.
Le chef de travaux Paluku Karongo appelle également les organisations syndicales à renforcer leur fonctionnement interne et à privilégier le dialogue. Il estime que les syndicats doivent mieux structurer leurs revendications et maintenir des discussions régulières avec les autorités compétentes.
« Les syndicalistes doivent mieux organiser leurs syndicats et privilégier le dialogue. Il faut présenter clairement les revendications, négocier avec les autorités et rechercher progressivement des solutions aux difficultés des enseignants. Le gouvernement doit également prendre ses responsabilités et répondre aux préoccupations légitimes des enseignants. Mais en attendant, nous devons éviter que les élèves soient privés des enseignements à chaque rentrée scolaire », insiste-t-il.
Cet appel intervient alors que les enseignants affiliés à la Confédération démocratique du travail, CDT Nord-Kivu II, menacent de ne pas reprendre le chemin de l’école à la rentrée scolaire 2026-2027 si le gouvernement ne donne pas suite à leurs principales revendications. Ils réclament notamment la prise en charge des enseignants NP et NU, l’amélioration de leurs conditions salariales ainsi que leur affectation dans la fonction publique.
La question des conditions de travail et de rémunération des enseignants reste ainsi au centre des discussions à l’approche de la nouvelle année scolaire. Dans ce contexte, Paluku Karongo Pantaléon appelle les différentes parties à privilégier les mécanismes de dialogue afin de préserver la continuité des enseignements tout en recherchant des réponses aux revendications des professionnels de l’éducation.
Reportage : Ange Kavuya.