SECURITE : les ADF changent de stratégie en Ituri et imposent leur emprise sur plusieurs villages de Mambasa dénoncent les défenseurs des droits humains

SECURITE : les ADF changent de stratégie en Ituri et imposent leur emprise sur plusieurs villages de Mambasa dénoncent les défenseurs des droits humains

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Ghislain Lukambo

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Dans le territoire de Mambasa, les rebelles ADF sont accusés d’étendre leur influence en imposant des taxes aux populations, en installant de nouveaux bastions et en exerçant des pressions idéologiques sur les habitants. Les défenseurs des droits humains appellent à une réponse militaire plus efficace contre cette menace persistante. Le groupe armé des Forces démocratiques alliées, ADF, continue de représenter une menace majeure dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans plusieurs villages du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, des défenseurs des droits humains alertent sur une évolution du mode opératoire de ces combattants, qui ne se limiteraient plus aux attaques meurtrières contre les civils. Selon plusieurs témoignages recueillis dans la région, les ADF auraient installé de nouvelles positions dans les chefferies de Babila Babombi et Babila Bakwanza, où ils chercheraient à renforcer leur contrôle sur les populations locales.

Pour Rams Malikidogo, défenseur des droits humains au sein de l’Association pour la protection et la défense des enfants et des femmes vulnérables, APDEF, cette nouvelle dynamique traduit une volonté d’imposer une administration parallèle dans les zones sous influence rebelle.

« Aujourd’hui, nous constatons que les ADF ne se limitent plus seulement aux attaques contre les populations. Ils cherchent à contrôler les communautés en mettant en place leurs propres mécanismes de fonctionnement. Ils installent des bases, imposent des règles aux habitants et créent un climat permanent de peur dans plusieurs villages du territoire de Mambasa. », affirme Rams Malikidogo.

D’après cet activiste, les habitants vivant sous leur contrôle seraient soumis à différentes formes de prélèvements forcés. Il évoque notamment une taxe d’enregistrement estimée à 30 000 francs congolais par personne, tandis que les agriculteurs seraient contraints de payer jusqu’à 50 dollars américains par hectare cultivé. Une situation qui, selon lui, aggrave davantage les conditions de vie des communautés déjà fragilisées par plusieurs années d’insécurité et de déplacements. Le défenseur des droits humains affirme également que des drapeaux attribués à l’organisation État islamique seraient visibles dans certaines zones occupées par les ADF. Il évoque aussi des pressions exercées sur les populations pour les contraindre à adopter certaines pratiques religieuses, avec des menaces visant notamment les personnes refusant de s’y conformer.

« Les populations vivent dans une grande inquiétude. Certaines personnes sont contraintes de suivre les exigences imposées par ces groupes armés sous peine d’être considérées comme des ennemis. Cette situation constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux des citoyens qui doivent pouvoir vivre librement leur foi et leurs convictions. », dénonce Rams Malikidogo.

Face à cette situation, cet acteur de la société civile critique l’efficacité des opérations militaires menées contre les ADF. Selon lui, les interventions des Forces armées de la République démocratique du Congo permettent parfois de repousser temporairement les combattants, mais ne suffisent pas encore à éliminer durablement leurs capacités opérationnelles.

« La stratégie doit être revue. Il ne suffit pas de chasser les ADF d’une localité pour qu’ils reviennent ailleurs. Il faut une approche qui permette de démanteler leurs réseaux, de sécuriser durablement les zones libérées et de protéger les populations civiles. Cette menace doit recevoir une attention particulière au même titre que les autres crises sécuritaires que traverse le pays. », plaide-t-il.

Les défenseurs des droits humains appellent ainsi le Gouvernement congolais à renforcer les opérations militaires et les mécanismes de protection des civils dans les territoires touchés.

Depuis plus d’une décennie, les ADF sont accusés d’être responsables de nombreuses attaques meurtrières dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Leurs violences continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et une dégradation de la situation humanitaire dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC.

DEGUSTO MUHINDO, depuis Butembo

Tags : # Actualité # RDC

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