SECURITE AU MANIEMA : Un chef wazalendo auto-proclamé brûlé vif après des violences coutumières, la population en fuite

SECURITE AU MANIEMA : Un chef wazalendo auto-proclamé brûlé vif après des violences coutumières, la population en fuite

Une scène d’une extrême violence a été enregistrée le 1er avril 2026 à Kampene, une localité aurifère située à près de 150 kilomètres de Kindu, dans le territoire de Pangi, au centre de la province du Maniema.

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Yassin K.

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Un homme présenté comme un major auto-proclamé des wazalendos, connu sous le nom de Kitima, a été brûlé vif au stade de football de la localité, à la suite d’incidents liés à une affaire coutumière.

Selon les premières informations recueillies sur place, ces violences trouvent leur origine dans la mise à tabac publique d’un gardien de la coutume, identifié comme un « mwami », c’est-à-dire un chef traditionnel des initiés au rite de la tribu Lega. Cet acte, perçu comme une grave profanation des valeurs culturelles locales, aurait provoqué une vive réaction populaire, dégénérant en représailles meurtrières.

Notre correspondant permanent dans la région, Enzal Balewe, rapporte une situation extrêmement tendue et volatile.

« Les événements se sont déroulés dans un climat de forte tension. Après l’agression du chef coutumier, la population s’est mobilisée, et la situation a rapidement échappé à tout contrôle. Le présumé responsable, présenté comme un cadre des wazalendos, a été pris à partie, violemment lynché puis brûlé vif au stade de Kampene », a-t-il expliqué.

Depuis ces incidents, un climat de peur s’est installé dans cette importante agglomération minière. Plusieurs habitants ont quitté précipitamment leurs domiciles, redoutant des représailles de la part d’éléments armés.

« La population est actuellement en cavale. Beaucoup fuient vers des villages environnants, craignant des actes de vengeance attribués à des ex-combattants maï-maï aujourd’hui assimilés aux wazalendos », a ajouté notre source.

Ce drame met une nouvelle fois en lumière la fragilité de la cohabitation entre structures coutumières et groupes armés locaux, dans une région où l’autorité de l’État reste limitée.

Au moment de la rédaction de cette dépêche, aucun bilan officiel complet n’a encore été communiqué par les autorités locales. Des sources sécuritaires évoquent toutefois une situation sous haute surveillance, alors que les appels au calme se multiplient.

Plus de détails sont attendus dans les prochaines éditions.

Depuis Kindu, Enzal Balewe

Tags : # Actualité

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