Le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle continue de susciter des réactions dans la classe politique et intellectuelle en République démocratique du Congo. À Butembo, le doctorant en droit Moïse Kakule Kikondo, connu sous le surnom de « Tombeur », estime que les discussions autour d’une retouche de la Constitution ne devraient pas être diabolisées, dans la mesure où la loi fondamentale elle-même prévoit les procédures de sa propre modification.
Intervenant dans une analyse relayée ce mercredi 20 mai, cet analyste juridique affirme que le droit doit être compris sous plusieurs dimensions : comme un ensemble de règles juridiques organisant la société, comme un art d’interprétation et comme une science évolutive adaptée aux réalités des peuples. Selon lui, la Constitution congolaise n’est pas un texte figé, mais un instrument juridique susceptible d’être adapté dans le respect des mécanismes prévus par la loi.
« La Constitution prévoit elle-même les voies et moyens par lesquels elle peut être modifiée. Vouloir interdire le débat sur sa révision, c’est paradoxalement porter atteinte à la Constitution elle-même », a déclaré Moïse Kikondo.
Pour ce doctorant, la démocratie repose avant tout sur la liberté de débattre des questions d’intérêt national, y compris celles liées aux institutions. Il estime qu’il faut éviter de transformer le débat constitutionnel en sujet tabou, au risque d’étouffer la réflexion citoyenne et scientifique autour de l’évolution de l’État.
Dans son argumentaire, Moïse Kikondo soutient également que plusieurs pays démocratiques à travers le monde ont déjà procédé à des révisions constitutionnelles sans pour autant remettre en cause les fondements républicains de leurs États. Il considère ainsi que le véritable enjeu ne réside pas dans le débat lui-même, mais dans le respect strict des procédures légales et de la volonté populaire.
« Le droit n’est pas immobile. Il évolue avec les réalités sociales, politiques et économiques. Refuser même d’en parler, c’est nier le caractère scientifique et dynamique du droit », a-t-il ajouté.
Alors que les tensions politiques autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle continuent de diviser majorité et opposition, cette sortie du doctorant Moïse Kikondo relance le débat sur les limites de la liberté d’expression politique et sur la place du dialogue démocratique dans la gouvernance du pays.