La question des ruptures des relations amoureuses avant le mariage continue d’alimenter les débats au sein de la communauté à Butembo. Dans le cadre de son dossier consacré à ce phénomène social, la rédaction de la RTEE KIVU a recueilli les réactions de plusieurs parents ainsi que les avis de juristes afin de mieux comprendre les implications sociales et juridiques de ces séparations.
Pour certains parents interrogés, les relations amoureuses avant le mariage relèvent essentiellement de la responsabilité individuelle des jeunes concernés. Ils estiment qu’il ne leur appartient pas d’intervenir lorsque surviennent des conflits sentimentaux entre leurs enfants et leurs partenaires.
Salomon Kaniki, l’un des parents rencontrés par la rédaction, considère qu’une rupture amoureuse ne devrait pas devenir une affaire familiale.
« Si mon fils ou ma fille connaît une déception amoureuse avant le mariage, je ne peux pas intervenir dans ce genre de situation », affirme-t-il.
Cette position est cependant loin de faire l’unanimité. Plusieurs juristes estiment que certaines ruptures peuvent avoir des conséquences légales, particulièrement lorsqu’elles provoquent des préjudices importants à l’une des parties concernées.
Maître Delico Mbambu Nyamwami rappelle que le Code de la famille prévoit des dispositions pouvant engager la responsabilité de l’auteur d’une rupture dans certains contextes.
« Le code de la famille impute la faute à l’auteur de la rupture dans certaines circonstances et celui-ci peut être poursuivi devant le tribunal », explique le juriste.
Au-delà du débat juridique, plusieurs observateurs s’inquiètent des conséquences sociales et psychologiques de certaines séparations conflictuelles. Des interlocuteurs rencontrés par la RTEE estiment que la mauvaise gestion des ruptures amoureuses non consenties serait à l’origine de plusieurs actes de violence et de criminalité observés ces dernières années dans la ville de Butembo.
Des acteurs sociaux appellent ainsi les familles à renforcer l’encadrement des jeunes et à promouvoir davantage le dialogue afin de prévenir les conséquences parfois dramatiques liées aux conflits sentimentaux.
Pour plusieurs habitants, cette problématique mérite une attention particulière compte tenu de l’évolution des relations sociales au sein de la jeunesse urbaine. Certains plaident pour des campagnes de sensibilisation sur les responsabilités affectives et les mécanismes de résolution pacifique des conflits relationnels.
En reportage, dossier de BABACAR VIKWA