Butembo :  le patriarche Nassor BALIWA constate un désintérêt croissant des jeunes pour la parole de Dieu, ce qui inquiète les familles

Butembo : le patriarche Nassor BALIWA constate un désintérêt croissant des jeunes pour la parole de Dieu, ce qui inquiète les familles

Parents et pasteurs tirent la sonnette d’alarme face à l’éloignement progressif de nombreux adolescents des églises et des valeurs chrétiennes traditionnelles.

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Moïse Ndungo

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Le recul de l’engagement religieux chez une partie de la jeunesse préoccupe de plus en plus les familles et les responsables des confessions chrétiennes de la ville de Butembo. Alors que plusieurs jeunes évoquent diverses raisons pour justifier leur éloignement des lieux de culte, parents et pasteurs estiment que ces arguments constituent souvent des échappatoires qui masquent une crise plus profonde touchant la transmission des valeurs spirituelles.

Dans plusieurs ménages de la ville, des parents affirment éprouver d’énormes difficultés à inculquer aux adolescents les principes religieux qui ont longtemps guidé les familles chrétiennes. Selon eux, les jeunes d’aujourd’hui manifestent davantage d’indépendance dans leurs choix spirituels et remettent parfois en question les pratiques religieuses héritées de leurs parents.

Certains observateurs pointent également du doigt la prolifération de mouvements mystico-religieux qui attirent une partie de la jeunesse en quête de nouvelles expériences spirituelles. Cette situation contribuerait à fragiliser l’attachement des jeunes aux églises traditionnelles et à créer une rupture générationnelle dans la pratique de la foi.

« Nous constatons que beaucoup de jeunes ne veulent plus suivre naturellement le chemin spirituel emprunté par leurs parents. Ils préfèrent chercher eux-mêmes des réponses à leurs préoccupations existentielles et religieuses. Dans plusieurs familles, les parents peinent à faire respecter certaines valeurs chrétiennes pourtant fondamentales. Cette situation est aggravée par l’influence de certains courants religieux qui séduisent les jeunes avec des messages différents de ceux auxquels ils étaient habitués. Il devient donc nécessaire de renforcer le dialogue au sein des familles afin que la foi ne soit pas perçue comme une obligation mais comme une conviction personnelle construite progressivement », expliquent plusieurs parents interrogés à Butembo.

Du côté des responsables religieux, le phénomène est analysé sous un angle plus large. Les pasteurs reconnaissent que certaines faiblesses observées au sein des communautés chrétiennes peuvent contribuer à éloigner les jeunes des églises. Ils évoquent notamment les problèmes de crédibilité de certains dirigeants religieux, l’influence croissante des nouvelles technologies, les difficultés économiques auxquelles les familles sont confrontées ainsi que les attentes spirituelles parfois insatisfaites.

Pour le patriarche Baliwa Nassor, représentant légal du Centre de Réveil Spirituel (CRS), malgré ces défis, les jeunes ne devraient pas abandonner leur relation avec Dieu. Il estime que la foi demeure un repère essentiel capable d’orienter positivement la vie des nouvelles générations.

« Les jeunes traversent aujourd’hui une époque marquée par de nombreuses influences et de multiples distractions. Les réseaux sociaux, les difficultés de la vie quotidienne et certaines déceptions peuvent les pousser à s’éloigner de la pratique religieuse. Toutefois, il est important qu’ils comprennent que Dieu reste une référence sûre dans les moments de doute comme dans les périodes de réussite. Nous les encourageons à maintenir leur confiance en Lui, à rechercher sa présence et à ne pas abandonner la foi à cause des imperfections humaines que l’on peut parfois observer dans certaines communautés religieuses. La relation avec Dieu dépasse les hommes et demeure une source de paix, d’espérance et de stabilité pour l’avenir », a déclaré le patriarche Baliwa Nassor.

Face à cette situation, parents, éducateurs et responsables religieux convergent sur un même constat : la sensibilisation à la foi doit commencer dès le bas âge. Ils estiment qu’une éducation spirituelle précoce, accompagnée d’un encadrement familial adéquat, pourrait permettre aux enfants de grandir avec des repères solides et de développer un attachement durable aux valeurs chrétiennes.

Les différents intervenants appellent ainsi l’ensemble de la communauté à jouer pleinement son rôle dans la formation morale et spirituelle des jeunes afin de préserver l’héritage religieux transmis de génération en génération et de favoriser l’émergence d’une jeunesse davantage enracinée dans les principes de foi et de responsabilité.

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