Face aux risques liés aux fuites d’informations militaires, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) annoncent des mesures strictes contre l’utilisation abusive des smartphones dans les zones d’opérations. L’armée estime que le partage d’images, de vidéos ou de données de localisation sur les réseaux sociaux peut compromettre la sécurité des troupes et favoriser les groupes armés ennemis. Les Forces armées de la République démocratique du Congo montent au créneau contre l’usage incontrôlé des téléphones intelligents sur les lignes de front. À travers cette nouvelle mise en garde, l’armée congolaise veut renforcer la discipline opérationnelle et empêcher toute diffusion d’informations sensibles susceptibles de mettre en danger les militaires engagés sur différents théâtres d’opérations à travers le pays.
Selon le capitaine Antony Mwalushayi, porte-parole de la 21ᵉ région militaire, un constat préoccupant a été fait sur le terrain. Plusieurs militaires continueraient à utiliser leurs smartphones et les réseaux sociaux pendant les opérations, malgré les risques que cette pratique représente pour la sécurité des unités déployées.
Pour l’officier militaire, les appareils connectés constituent désormais un enjeu majeur dans la guerre moderne. Les photos, vidéos, messages ou données de géolocalisation partagés par des soldats peuvent fournir des informations précieuses aux forces adverses et faciliter la localisation des positions militaires.
« Nous avons constaté que certains militaires continuent à utiliser leurs téléphones intelligents et les réseaux sociaux alors qu’ils se trouvent dans des zones d’opérations. Cette pratique représente un véritable danger parce qu’une simple image, une vidéo ou une information publiée sur internet peut permettre à l’ennemi de connaître nos positions, nos mouvements et nos stratégies. La sécurité des troupes dépend aussi de la maîtrise de l’information qui circule autour des opérations militaires », a expliqué le capitaine Antony Mwalushayi, porte-parole de la 21ᵉ région militaire.
Les FARDC rappellent que le respect des consignes de sécurité constitue une obligation pour tous les militaires engagés dans les opérations. Désormais, la discipline numérique est considérée comme un élément essentiel de la discipline militaire au même titre que les autres règles de conduite sur le champ de bataille. L’armée appelle ainsi ses éléments à faire preuve de responsabilité et à éviter tout usage non autorisé des smartphones dans les zones sensibles. Cette mesure vise notamment à protéger les positions militaires, préserver le secret des opérations et empêcher toute exploitation des informations par les groupes armés.
« Dans le contexte actuel, la guerre ne se limite plus seulement aux armes sur le terrain. L’information est devenue une arme stratégique. Chaque militaire doit comprendre que l’utilisation irresponsable d’un téléphone peut avoir des conséquences graves sur la vie de ses camarades et sur la réussite d’une mission. La discipline numérique fait désormais partie des exigences opérationnelles auxquelles chaque élément des FARDC doit se conformer », a ajouté le porte-parole de la 21ᵉ région militaire.
À travers cette décision, les Forces armées de la République démocratique du Congo entendent renforcer la protection de leurs unités et réduire les risques liés aux nouvelles technologies dans les zones de combat.
Les militaires sont désormais appelés à une vigilance accrue afin que les outils numériques ne deviennent pas une source de vulnérabilité face aux groupes armés actifs dans plusieurs régions du pays.
Reportage de Muhindo Degusto, Butembo