RDC : le Gouvernement et Amnesty International renforcent leur dialogue sur la justice et les réparations pour les victimes des conflits dans l’Est

RDC : le Gouvernement et Amnesty International renforcent leur dialogue sur la justice et les réparations pour les victimes des conflits dans l’Est

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Rédaction RTEE

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Le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, s’est entretenu jeudi 1er octobre 2026 à Kinshasa avec une délégation d’Amnesty International conduite par Flavia M. Mwangovya, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est et australe. Les échanges ont porté notamment sur la justice transitionnelle, les mécanismes de réparation en faveur des victimes ainsi que la poursuite des auteurs présumés de graves violations des droits humains commises dans l’est de la République démocratique du Congo.

Au cours de cette rencontre, Amnesty International a présenté les conclusions de ses récentes investigations faisant état, selon l’organisation, d’exécutions, de tortures, de recrutements forcés et d’exploitation illégale des minerais attribués au groupe AFC/M23. Le ministre de la Justice a indiqué que ces éléments pourraient contribuer aux procédures judiciaires en cours. Guillaume Ngefa a également réaffirmé, selon les éléments communiqués à l’issue de la rencontre, la volonté des autorités de poursuivre les auteurs de crimes graves, tout en précisant que l’appartenance aux groupes d’autodéfense Wazalendo ne constituerait pas, à elle seule, une immunité pénale.


« La question de la justice demeure centrale dans le processus visant à répondre aux graves violations commises dans l’est du pays. Les éléments documentés par les organisations de défense des droits humains, lorsqu’ils sont exploitables dans le respect des procédures judiciaires, peuvent contribuer à établir les responsabilités. Notre objectif est que les auteurs de crimes graves puissent répondre de leurs actes, indépendamment de leur appartenance ou de leur position. La lutte contre l’impunité doit également concerner tous ceux qui seraient impliqués dans des violations graves, y compris les membres des groupes d’autodéfense lorsqu’ils commettent des infractions, » a dit Guillaume Ngefa, ministre d’État à la Justice

Les discussions ont également porté sur la réparation des victimes de plusieurs décennies de conflits. Les deux parties ont évoqué la nécessité de renforcer les mécanismes de réparation afin de garantir davantage de transparence et de traçabilité dans leur mise en œuvre. Guillaume Ngefa a, par ailleurs, insisté sur l’importance de poursuivre la documentation des violations des droits humains et de contribuer à la constitution d’une mémoire collective, dans la continuité du Rapport Mapping des Nations unies.


« Nous avons eu un échange que nous considérons comme constructif autour de la justice, des réparations et de la nécessité de placer les victimes au centre des réponses apportées aux violations commises au cours des conflits. La documentation de ces crimes est essentielle pour que les faits ne soient pas oubliés et pour que les victimes puissent espérer obtenir justice et réparation. C’est dans cet esprit qu’Amnesty International, avec des organisations de la société civile, lance la campagne “6 millions de voix pour la justice au Congo”, une initiative prévue sur deux ans et destinée à maintenir l’attention sur les demandes de justice et de réparations, » explique Flavia M. Mwangovya, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe

En marge de cette rencontre, Amnesty International a annoncé le lancement de cette campagne par une cérémonie dénommée « Nuit des bougies », organisée à l’Échangeur de Limete à Kinshasa. L’initiative entend rendre hommage aux victimes des conflits et maintenir la mobilisation nationale et internationale autour de la question des réparations. Elle intervient alors que les discussions sur la justice transitionnelle, la responsabilité des auteurs de violations et la prise en charge des victimes demeurent au cœur des préoccupations liées aux conflits persistants dans l’est de la RDC.

Depuis Kinshasa, John Kayumba

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