Le Conseil des ministres du vendredi 15 mai 2026, présidé par le Président de la République Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union Africaine, a adopté la Politique Qualité Nationale de la République démocratique du Congo. Cette réforme portée par le ministère du Commerce extérieur marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités congolaises de moderniser l’économie nationale et d’améliorer la compétitivité des produits locaux sur les marchés régionaux et internationaux.
Dans sa communication au Conseil, le ministre du Commerce extérieur a rappelé que cette démarche découle notamment des recommandations formulées lors de la Semaine congolaise de la bonne gouvernance organisée à Kinshasa au mois de mars dernier. Les échanges entre experts nationaux et internationaux avaient permis d’évaluer l’état des infrastructures qualité du pays, mais aussi d’identifier les mécanismes nécessaires pour hisser la RDC aux standards internationaux en matière de normalisation et de contrôle de qualité.
Le gouvernement entend ainsi mettre en place trois instruments jugés fondamentaux : la Politique Qualité Nationale, la Stratégie nationale de normalisation ainsi que le Cadre national de réglementation technique. Selon les autorités, ces outils permettront d’assurer une meilleure traçabilité des produits congolais, de protéger les consommateurs et de faciliter l’intégration commerciale de la RDC dans les échanges internationaux.
Le ministre du Commerce extérieur a insisté sur le caractère urgent de cette réforme, estimant qu’elle constitue une nécessité stratégique pour l’économie nationale. Il a expliqué que l’absence de standards harmonisés pénalise encore fortement les exportateurs congolais et réduit la compétitivité de l’offre nationale face aux produits étrangers.
« La RDC doit impérativement se doter d’une politique qualité moderne afin de garantir la compétitivité de ses produits et l’équité sur les marchés nationaux et internationaux », a souligné le ministre du Commerce extérieur devant les membres du gouvernement.
Le ministre a également évoqué les actions urgentes recommandées par les experts du British Standards Institute, en collaboration avec des spécialistes congolais. Ces recommandations portent notamment sur le renforcement des laboratoires de contrôle, la certification des produits, l’encadrement technique des entreprises ainsi que la mise à niveau des infrastructures nationales de normalisation.
Les autorités congolaises sollicitent désormais l’implication de toutes les parties prenantes, notamment les opérateurs économiques, les institutions techniques et les partenaires internationaux, afin d’assurer la réussite de cette réforme jugée vitale pour l’avenir économique du pays.
Dans un second volet de son intervention, le ministre du Commerce extérieur a également informé le Conseil des ministres de la consultation initiée par le bureau du représentant des États-Unis d’Amérique concernant la modernisation de l’AGOA, ce mécanisme commercial qui permet aux pays africains éligibles d’exporter certains produits vers les États-Unis sans paiement des droits de douane.
Pour Kinshasa, cette modernisation représente une opportunité majeure pour attirer davantage d’investissements et améliorer les capacités de production nationale. Le gouvernement congolais estime que la réforme de l’AGOA pourrait contribuer à stimuler les exportations congolaises et à accélérer l’industrialisation du pays.
« La modernisation de l’AGOA offre une opportunité unique combinant accès au marché américain, investissements et développement des infrastructures », a fait savoir le ministre du Commerce extérieur.
Cette décision intervient dans un contexte où la RDC cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance aux exportations minières, en misant davantage sur la transformation locale et la valorisation des produits congolais.