Les forces vives du territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, ont appelé à la reprise immédiate des activités bancaires dans les zones affectées par les conflits armés. Cette revendication figure parmi les principales recommandations d'un mémorandum remis mardi 28 juillet aux autorités territoriales, à l'issue d'une marche pacifique organisée par les organisations de la société civile.
À travers cette mobilisation citoyenne, les signataires ont voulu attirer l'attention des autorités sur les conséquences économiques et sociales de l'insécurité persistante qui frappe le territoire depuis près de deux ans. Selon eux, la fermeture ou le dysfonctionnement des services bancaires pénalise aussi bien les ménages que les opérateurs économiques, les fonctionnaires et les organisations locales, contraints d'effectuer de longs déplacements pour accéder aux services financiers.
Dans le mémorandum lu par Rodrigue Mungwakonkwa, représentant du cadre de concertation de la société civile de Kabare, les forces vives estiment que le rétablissement des activités bancaires constitue une condition essentielle à la relance de l'économie locale. Elles appellent également les autorités à prendre des mesures urgentes pour restaurer la sécurité et permettre aux populations de retrouver une vie normale.
« Nous demandons la reprise immédiate des activités bancaires dans les zones touchées par les conflits afin de soulager les populations et de favoriser la relance des activités économiques. Depuis près de deux années, nos communautés vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Les difficultés d'accès aux services financiers aggravent davantage la précarité des ménages, freinent les échanges commerciaux et compromettent les efforts de développement local. Il est temps que des solutions concrètes soient apportées à cette situation », ont déclaré les signataires du mémorandum.
Au-delà des préoccupations économiques, les organisations de la société civile ont insisté sur la nécessité d'une réponse globale aux défis sécuritaires. Elles plaident notamment pour un renforcement des dispositifs de protection des populations, l'ouverture d'un dialogue entre les différentes parties au conflit ainsi qu'une implication accrue de la communauté internationale dans les initiatives de recherche de la paix.
« Nous réaffirmons notre attachement à une solution pacifique et durable à la crise qui affecte notre territoire. Nous appelons les autorités nationales, les acteurs concernés ainsi que la communauté internationale à soutenir toutes les initiatives susceptibles de rétablir la sécurité, de favoriser le dialogue et de permettre aux populations de retrouver leurs droits fondamentaux. La paix demeure la condition indispensable au retour des activités économiques, au fonctionnement des institutions et au développement de notre territoire », peut-on lire dans le mémorandum.
Les autorités territoriales, qui ont reçu le document à l'issue de la marche, ont assuré qu'elles transmettront ces recommandations aux instances compétentes. Les organisateurs espèrent désormais que leurs revendications seront prises en compte afin d'apporter des réponses concrètes aux difficultés auxquelles les habitants de Kabare sont confrontés depuis plusieurs mois.
Reportage : Egide Abalawi depuis Bukavu