La reprise des cours dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, est plus qu'incertaine. Selon les autorités éducatives locales, les affrontements récurrents entre la rébellion du M23 et les groupes d'autodéfense Wazalendo ont plongé le système éducatif dans une crise profonde. Au total, 32 écoles sont directement touchées par les combats. Sur ce nombre, 13 écoles primaires et 4 écoles secondaires sont totalement fermées, portes closes, privant des milliers d'enfants de leur droit à l'éducation. D'autres établissements, situés dans des zones un peu moins exposées, fonctionnent au ralenti, avec des effectifs clairsemés et un personnel enseignant traumatisé.
L'inquiétude est d'autant plus vive que le calendrier scolaire arrive à une période cruciale. Les épreuves nationales, notamment la dissertation prévue dans deux semaines, pourraient être sévèrement perturbées, voire impossibles à organiser dans certaines localités. Pascal Nterani, Sous-Proved de la sous-division éducationnelle Kalehe 1, dresse un tableau sombre de la situation et lance un appel à l'aide. Au micro de notre correspondant, il détaille l'ampleur des dégâts et ses craintes pour l'avenir immédiat.
« La situation est catastrophique. Nous sommes à la veille des épreuves certificatives et nous avons 13 écoles primaires fermées, 4 écoles secondaires fermées. Et ce ne sont pas que des bâtiments vides ; ce sont des enfants qui sont dans la rue, exposés à tous les dangers, des filles-mères potentielles, des enfants soldats en devenir. Dans les autres écoles, quand vous allez en classe, vous trouvez 10 élèves sur 50. Les parents ont fui, les enseignants aussi. Comment voulez-vous que nous organisions la dissertation dans deux semaines ? Où allons-nous mettre les élèves de Bushushu, de Nyamukubi ou de Luzira ? Nous avons écrit à la hiérarchie, nous avons alerté les humanitaires, mais nous avons l'impression de crier dans le désert. Si rien n'est fait pour ramener un minimum de sécurité, je crains que l'année scolaire 2025-2026 ne soit déclarée année blanche pour tout le territoire de Kalehe. Nous demandons aux parties en conflit d'épargner les écoles, car c'est l'avenir de toute une génération qu'ils sont en train d'assassiner. »
Face à cette situation critique, les autorités éducatives redoutent désormais une année scolaire totalement perdue pour des milliers d'élèves du territoire de Kalehe si la situation sécuritaire ne s'améliore pas rapidement. L'appel est lancé tant aux groupes armés qu'aux autorités nationales pour sauver ce qui peut encore l'être du calendrier pédagogique.
Depuis le Sud-Kivu, Goreth SAFI