Pression fiscale dans la zone AFC-M23 : habitants, commerçants et transporteurs dénoncent des charges devenues insoutenables

Pression fiscale dans la zone AFC-M23 : habitants, commerçants et transporteurs dénoncent des charges devenues insoutenables

À Goma, le malaise social continue de grandir au sein de la population vivant dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23.

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Ange Kavuya

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Plusieurs habitants dénoncent une multiplication des taxes, prélèvements et redevances imposés dans presque tous les secteurs de la vie quotidienne.

Dans les quartiers populaires comme dans les centres commerciaux, la question du coût de la vie domine désormais les conversations. Des responsables religieux, opérateurs économiques, chauffeurs de transport en commun et gestionnaires de structures sanitaires affirment subir une pression fiscale et parafiscale qu’ils jugent excessive.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, certaines églises seraient contraintes de verser jusqu’à 100 mille francs congolais par mois pour continuer leurs activités. Les centres de santé, eux, évoquent des montants variant entre 200 mille et 300 mille francs congolais mensuellement.

« Nous faisons déjà face à une situation économique très difficile. Ajouter autant de charges fragilise davantage les structures qui servent pourtant la population », a déploré un responsable sanitaire de la ville.

Dans le secteur du transport urbain, les chauffeurs de bus et conducteurs de véhicules de transport en commun dénoncent également des prélèvements quotidiens évalués à environ 5 mille francs congolais par véhicule.

« À la fin du mois, ces paiements deviennent énormes. Les transporteurs sont obligés d’augmenter les tarifs pour survivre, et ce sont finalement les citoyens qui paient les conséquences », a expliqué un chauffeur de bus rencontré au centre-ville.

Plusieurs habitants dénoncent également la hausse du coût des services liés à l’eau, à l’assainissement, à l’immatriculation et à l’enregistrement des véhicules. Certains propriétaires de voitures parlent même d’assurances imposées dont les montants atteindraient jusqu’à 400 dollars pour quelques mois seulement.

Les motards, petits commerçants, vendeurs de crédits téléphoniques et acteurs des marchés locaux affirment eux aussi ressentir fortement ces nouvelles charges.

Dans les rues de Goma, la colère se mêle désormais à la fatigue et à l’inquiétude. Plusieurs familles disent avoir du mal à subvenir aux besoins essentiels dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et la fragilité économique.

De nombreux observateurs craignent que cette pression financière ne provoque davantage de tensions sociales dans une ville déjà éprouvée par plusieurs années de crise sécuritaire.

Tags : # Actualité # Économie locale # Nord-Kivu # Sud-Kivu

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