Face aux préoccupations persistantes liées à la maladie à virus Ebola dans la région, les services techniques appellent la population à renforcer la prudence dans la consommation des produits d’origine animale. À Oicha, le service urbain de pêche et élevage met particulièrement en garde les habitants contre la consommation d’animaux retrouvés morts naturellement, notamment les porcs, une pratique qui pourrait exposer les consommateurs à différents risques sanitaires. Les autorités recommandent également d’éviter certaines pratiques traditionnelles de conservation et de préparation de la viande, notamment le boucanage, lorsque l’origine et l’état sanitaire de l’animal ne sont pas clairement établis.
L’appel est lancé par l’ingénieur Patrick Mubarikiwa, inspecteur urbain du service de pêche et élevage à Oicha. Selon lui, la population doit faire preuve d’une vigilance accrue dans le choix des produits d’origine animale consommés dans les ménages. Il demande notamment aux habitants de ne pas récupérer, acheter ou consommer des porcs retrouvés morts sans qu’une cause ait été établie par les services compétents.
Cette recommandation prend une importance particulière dans le contexte actuel marqué par les inquiétudes autour d’Ebola. Pour les services techniques, toute situation inhabituelle concernant un animal doit être signalée afin de permettre aux spécialistes d’effectuer les vérifications nécessaires, plutôt que de laisser la population procéder elle-même à la consommation ou à la transformation de la viande.
L’ingénieur Patrick Mubarikiwa met également en garde contre la consommation de viandes boucanées dont l’origine et les conditions sanitaires ne sont pas garanties. Le boucanage, très pratiqué dans plusieurs communautés, permet de conserver la viande pendant une certaine période, mais ne doit pas être considéré comme une garantie absolue contre tous les risques liés à une viande provenant d’un animal malade ou retrouvé mort dans des circonstances inconnues.
« Nous demandons à la population d’être extrêmement prudente avec les animaux qui meurent naturellement. Lorsqu’un porc ou un autre animal est retrouvé mort sans que l’on connaisse la cause de cette mort, il ne faut surtout pas le récupérer pour le consommer ou le vendre. Dans le contexte actuel où nous devons rester vigilants face à la maladie à virus Ebola, nous devons éviter tout comportement qui pourrait exposer la communauté à des risques sanitaires. La population doit comprendre qu’un animal retrouvé mort dans des circonstances inhabituelles doit être signalé aux services compétents. Ce sont les techniciens qui doivent rechercher les causes et déterminer les dispositions à prendre. Il ne faut pas que quelqu’un récupère cet animal, le découpe et le distribue dans la communauté simplement parce qu’il estime que la viande peut encore être consommée. »
L’inspecteur urbain appelle également les habitants à faire preuve de prudence vis-à-vis des viandes boucanées lorsqu’elles proviennent d’animaux dont l’état sanitaire n’a pas été contrôlé. Selon lui, les habitudes alimentaires et les méthodes traditionnelles de conservation doivent être accompagnées d’un minimum de précautions sanitaires afin de réduire les risques.
« Nous insistons aussi sur la question des viandes boucanées. Le fait qu’une viande soit boucanée ne signifie pas automatiquement qu’elle est sans danger, surtout lorsque l’animal dont elle provient était malade ou a été retrouvé mort. La population doit privilégier les produits d’origine animale qui ont été contrôlés par les services habilités. Il faut également respecter les règles d’hygiène dans la manipulation, la préparation et la conservation des aliments. Lorsqu’un animal meurt dans des conditions inhabituelles, il faut immédiatement alerter les services compétents et éviter tout contact ou toute consommation avant les vérifications nécessaires. C’est par cette vigilance collective que nous pouvons contribuer à protéger nos familles et notre communauté contre les risques sanitaires. »
Le service de pêche et élevage recommande donc aux habitants d’Oicha de signaler tout cas d’animal retrouvé mort dans des circonstances inhabituelles. Cette collaboration avec les services techniques doit permettre d’identifier rapidement les situations nécessitant une intervention et d’éviter que des produits potentiellement dangereux ne soient introduits dans le circuit de consommation.
Les autorités encouragent par ailleurs les consommateurs à privilégier les produits dont l’origine est connue et qui ont été soumis aux contrôles des services compétents. Les vendeurs et les éleveurs sont également appelés à respecter les recommandations sanitaires et à signaler toute mortalité inhabituelle constatée dans leurs élevages.
Cette sensibilisation du service de pêche et élevage intervient parallèlement aux efforts des autorités sanitaires visant à renforcer la prévention contre Ebola dans les communautés. La population est invitée à ne pas céder aux rumeurs, à suivre les recommandations officielles et à signaler rapidement toute situation inhabituelle aux services compétents.
À Oicha, le message des autorités est donc clair : un animal retrouvé mort naturellement ou dans des circonstances inconnues ne doit pas être considéré comme une source ordinaire de viande. La prudence, le signalement et le recours aux services habilités restent privilégiés afin de limiter les risques pour la santé publique.
Reportage : Jadot Kyeya, depuis Oicha