Nord-Kivu : la société civile attend des élus un engagement accru face aux défis de la province

Nord-Kivu : la société civile attend des élus un engagement accru face aux défis de la province

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Ghislain Lukambo

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Les députés nationaux et les sénateurs reprennent ce mardi 15 septembre 2026 le chemin de l’hémicycle, après trois mois de vacances parlementaires. En République démocratique du Congo, cette rentrée ouvre la session de septembre, essentiellement consacrée à l’examen du budget. Au Nord-Kivu, la Société civile Forces vives appelle les élus à mieux assumer leur rôle auprès de leurs électeurs et à s’investir davantage dans la recherche des solutions aux multiples défis auxquels la province reste confrontée, notamment l’insécurité, la situation sanitaire et les questions liées au développement.

Se confiant exclusivement à la RTEE Kivu par téléphone ce lundi 14 septembre, le président provincial de la Société civile Forces vives du Nord-Kivu, John Banyene, regrette que certains députés nationaux n’aient pas suffisamment mis à profit les trois mois de vacances parlementaires pour retourner auprès de leurs bases. Il déplore également que certains élus qui ont effectué le déplacement dans leurs circonscriptions n’aient pas suffisamment rencontré leurs électeurs pour recueillir leurs préoccupations et leur rendre compte de leur action parlementaire.

« Nous constatons malheureusement que la plupart de nos députés nationaux n’ont pas véritablement la notion des vacances parlementaires, parce que cette période devrait être une occasion pour eux de retourner auprès de leurs bases, d’écouter la population, de recueillir ses préoccupations et également de rendre compte du travail qu’ils accomplissent au Parlement. Or, nous avons constaté que très peu sont réellement descendus vers la base et, parmi ceux qui sont arrivés, certains se sont limités à rencontrer leurs amis ou leurs proches. Nous pensons qu’un député doit rester en contact avec la population qui l’a élu, surtout dans une province comme le Nord-Kivu où les défis sont énormes. Nous demandons donc aux élus de prendre pleinement conscience de leur responsabilité et de faire de la défense des intérêts de leurs électeurs une priorité dans leur travail parlementaire », a déploré John Banyene.

Sur le plan sécuritaire, le président provincial de la Société civile Forces vives estime que les députés nationaux doivent davantage utiliser leur position institutionnelle pour interpeller le gouvernement et pousser les autorités à agir en faveur des populations du Nord-Kivu. Il appelle également les élus à accorder une attention particulière aux questions sanitaires et au développement de la province.

Pour John Banyene, la session budgétaire constitue surtout une opportunité pour orienter davantage les ressources publiques vers les priorités de la population. Il plaide notamment pour une augmentation substantielle des moyens consacrés à la paix et au développement, tout en appelant à une réduction des dépenses liées au fonctionnement des institutions.

« Aujourd’hui, notre province fait face à plusieurs défis qui nécessitent une implication beaucoup plus forte de nos représentants au niveau national. Sur le plan sécuritaire, les députés doivent jouer correctement leur rôle de contrôle de l’action du gouvernement et pousser celui-ci à prendre des mesures concrètes pour que l’autorité de l’État soit restaurée et que la population puisse vivre dans la paix. La session budgétaire qui s’ouvre doit également être l’occasion de défendre les priorités de la population. Nous souhaitons que cette fois-ci une part beaucoup plus importante du budget national soit consacrée à la paix et au développement, pourquoi pas autour de 70 %, au lieu de consacrer une grande partie des ressources au fonctionnement des institutions. Nous avons besoin de moyens pour répondre aux problèmes de sécurité, de santé, d’infrastructures et de développement. C’est donc le moment pour nos députés de porter ces revendications à l’Assemblée nationale et de pousser le gouvernement à agir réellement en faveur du peuple », a insisté John Banyene.

La session de septembre s’ouvre ainsi dans un contexte particulier pour le Nord-Kivu, où la population attend des réponses aux préoccupations sécuritaires, sanitaires et socio-économiques. La Société civile Forces vives souhaite voir les élus nationaux transformer ces attentes en priorités dans leurs interventions et dans le contrôle de l’action gouvernementale.

À Kinshasa, des membres et sympathisants de la coalition C64 annoncent par ailleurs un sit-in au Palais du Peuple à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire ce mardi 15 septembre. Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par les appels à manifester de cette coalition.

Babacar Vikwa, depuis le Nord-Kivu

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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