Nord-Kivu : Ismaël Kabuyaya Kisokolo expert à l’INACO alerte sur la fragilité des archives et appelle à leur numérisation

Nord-Kivu : Ismaël Kabuyaya Kisokolo expert à l’INACO alerte sur la fragilité des archives et appelle à leur numérisation

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Rédaction RTEE

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La conservation des archives écrites et audiovisuelles demeure un défi au Nord-Kivu, où les conditions de stockage, le manque d’équipements adaptés, le vieillissement des supports et l’insécurité menacent la préservation de la mémoire collective. À l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, le directeur provincial de l’Institut national des archives du Congo (INACO), Ismaël Kabuyaya Kisokolo, appelle les établissements publics et privés à rendre leurs archives disponibles pour assurer leur conservation dans des conditions appropriées.

Dans une interview exclusive accordée à la RTEE Kivu, le responsable souligne que les archives ne sont pas de simples documents conservés dans des bureaux ou des dépôts. Elles constituent des témoignages de l’existence des générations précédentes et des sources de référence pour celles qui leur succéderont. Leur disparition risque ainsi de priver la société de preuves historiques, administratives et culturelles essentielles à la compréhension de son passé.

« Les archives, qu’elles soient sur papier ou sur des supports audiovisuels, représentent la mémoire de notre société. Elles permettent de conserver les traces de ce que les générations précédentes ont accompli et de transmettre ces informations à celles qui viendront après nous. Lorsqu’un document disparaît ou qu’un support audiovisuel devient illisible, c’est une partie de cette mémoire qui risque d’être perdue. C’est pourquoi les institutions doivent prendre conscience de l’importance de leurs archives et contribuer à leur conservation dans des conditions adaptées. »

Selon Ismaël Kabuyaya Kisokolo, la situation des archives au Nord-Kivu reste particulièrement préoccupante en raison de plusieurs difficultés. Il évoque notamment la fragilité des supports, l’insuffisance des équipements de conservation et le vieillissement des documents analogiques, auxquels s’ajoutent les conséquences de l’insécurité dans la province.

Ces contraintes compliquent la préservation à long terme des documents administratifs, des photographies, des enregistrements sonores et des images vidéo. Sans mesures appropriées, certains de ces supports peuvent se détériorer progressivement, voire devenir impossibles à consulter lorsque les appareils nécessaires à leur lecture ne sont plus disponibles. Face à ces défis, le directeur provincial de l’INACO insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective. Il encourage les administrations publiques, les entreprises privées et les autres institutions détentrices d’archives à identifier leurs documents, à évaluer leur état de conservation et à prendre des dispositions pour éviter leur dégradation.

« Dans notre province, la conservation des archives se heurte encore à plusieurs obstacles, notamment le manque de matériels adaptés, les conditions de stockage parfois insuffisantes et le vieillissement des supports. Les archives audiovisuelles sont particulièrement exposées, car certains enregistrements dépendent d’appareils de lecture qui deviennent de plus en plus rares. Nous encourageons donc les institutions à identifier leurs fonds documentaires, à évaluer leur état et à collaborer avec les services compétents pour assurer leur conservation. Il est également important d’envisager la numérisation afin de préserver les contenus et de faciliter leur consultation à l’avenir. »

La numérisation constitue, selon le responsable, une piste importante pour limiter les risques liés à la dégradation des supports analogiques. Elle permet de reproduire les contenus sous forme numérique et d’en faciliter l’accès, à condition que les fichiers soient ensuite correctement sauvegardés, protégés et transférés vers de nouveaux systèmes au fil des évolutions technologiques. Toutefois, la numérisation ne remplace pas à elle seule une politique complète de conservation. L’identification des documents, leur classement, l’évaluation de leur état matériel, leur protection contre les risques environnementaux et la mise en place de procédures de sauvegarde demeurent également nécessaires pour préserver durablement les fonds d’archives.

Présent au Nord-Kivu depuis trois ans, selon les informations communiquées, l’INACO entend poursuivre ses actions de sensibilisation auprès des institutions détentrices de documents historiques et administratifs. Sa direction provinciale invite les établissements concernés à se rapprocher de cette structure afin d’examiner les modalités de dépôt et de conservation de leurs archives dans le respect des dispositions légales applicables.

À l’occasion de cette journée consacrée au patrimoine audiovisuel, Ismaël Kabuyaya Kisokolo rappelle ainsi que la préservation des archives constitue un investissement pour les générations futures. La mobilisation des institutions, l’amélioration des conditions de conservation et le recours progressif à la numérisation apparaissent comme des leviers essentiels pour protéger la mémoire documentaire du Nord-Kivu.

Yassin Katsinge, à Butembo

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC # Ville de Beni

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