Deux personnes ont été tuées dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 juillet 2026 lors de deux attaques armées distinctes survenues dans le territoire de Nyiragongo, au nord de Goma, en province du Nord-Kivu. Les assaillants ont également procédé à des pillages, replongeant les habitants dans un climat de peur après plusieurs mois d'accalmie relative. Les circonstances exactes de ces incursions restent à établir, tandis que les populations réclament le renforcement de la sécurité et l'ouverture d'une enquête afin d'identifier les auteurs de ces violences.
La première attaque a été signalée aux environs de 23 heures dans le village de Bugamba 1, situé dans le groupement de Mudja. Selon plusieurs sources locales concordantes, des hommes armés ont pris d'assaut un commerce avant de s'emparer de divers biens appartenant au propriétaire. Au cours de cette opération, le jeune commerçant, âgé d'une vingtaine d'années, a été atteint par balle. Malgré les tentatives de secours, il a succombé à ses blessures, laissant sa famille et les habitants du village dans une profonde consternation. Quelques heures plus tard, vers une heure du matin, une seconde incursion a été enregistrée dans le quartier Kiziba 1, au lieu-dit « 9 Portes ». D'après les témoignages recueillis sur place, des hommes armés se sont introduits dans une habitation avant d'ouvrir le feu sur les occupants. Une femme grièvement blessée a été évacuée vers une structure sanitaire, où elle a finalement succombé à ses blessures. Plusieurs autres personnes auraient également été touchées au cours de cette attaque, même si aucun bilan officiel n'a encore été communiqué.
Les témoignages recueillis auprès des habitants indiquent que certains assaillants portaient des tenues militaires. Toutefois, aucune autorité compétente n'a confirmé jusqu'à présent leur identité ni leur éventuelle appartenance à une force régulière ou à un groupe armé. Les circonstances précises de ces deux attaques demeurent donc inconnues et aucune communication officielle n'a encore été faite concernant l'ouverture d'une enquête ou les premières conclusions des investigations.
« Nous pensions que cette partie de Nyiragongo retrouvait progressivement sa tranquillité après plusieurs mois relativement calmes. Aujourd'hui, ces attaques replongent toute la population dans l'angoisse. Les habitants passent leurs nuits dans la peur, sans savoir qui peut être la prochaine victime. Nous demandons aux autorités compétentes de renforcer urgemment les dispositifs de sécurité, d'assurer une présence permanente des forces chargées de protéger les civils et surtout d'ouvrir une enquête sérieuse afin d'identifier les auteurs de ces crimes et de les traduire devant la justice. La population ne peut pas continuer à vivre dans une telle insécurité », plaident plusieurs responsables communautaires de Nyiragongo.
Ces violences interviennent dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, cette partie du territoire connaissait une relative accalmie sécuritaire, malgré la persistance de nombreuses inquiétudes liées au conflit qui affecte l'est de la République démocratique du Congo. Selon des sources locales, cette zone est actuellement sous le contrôle de l'AFC-M23. La résurgence d'attaques armées contre des civils ravive ainsi les craintes d'une dégradation de la situation sécuritaire et d'un retour des actes de banditisme qui avaient fortement marqué cette partie de la province. Au-delà de l'émotion suscitée par ces deux nouvelles pertes en vies humaines, les habitants redoutent désormais une multiplication des incursions nocturnes. Plusieurs familles disent renforcer leurs mesures de vigilance, tandis que d'autres envisagent de quitter temporairement les zones les plus exposées si aucune amélioration n'est constatée dans les prochains jours.
« Au-delà de l'assistance aux familles endeuillées, il est indispensable que toute la lumière soit faite sur ces deux attaques. Les populations ont droit à la vérité et à la justice. Les auteurs de ces actes doivent être identifiés, arrêtés et poursuivis conformément à la loi. Nous appelons également les autorités à restaurer durablement la confiance entre les services de sécurité et les citoyens, car seule une protection efficace des populations permettra d'éviter que de tels drames ne se reproduisent. Les habitants de Nyiragongo aspirent simplement à vivre en paix et à exercer leurs activités sans craindre pour leur vie », insistent des proches des victimes et des représentants de la communauté.
En attendant une réaction officielle des autorités provinciales ou des services de sécurité, les populations de Nyiragongo restent dans l'expectative. Elles espèrent que des mesures concrètes seront rapidement prises afin de prévenir de nouvelles attaques, protéger les civils et rétablir un climat de sécurité durable dans cette partie du Nord-Kivu.
Reportage de Salomon Kwiraviwe, depuis Goma