La journée du lundi 8 juin 2026 restera gravée dans les annales politiques du Maniema. Réunis en séance plénière, les députés provinciaux ont pris une décision lourde de conséquences en prononçant la déchéance du président de l'Assemblée provinciale, le Dr Kibungi Mutanga Junior. À l'issue du vote, treize députés se sont prononcés en faveur de son départ, mettant ainsi fin à son mandat à la tête de l'organe délibérant de la province.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des tensions internes au sein de l'institution provinciale. Au cours de la même séance, le questeur de l'Assemblée provinciale, le député Asani Noël Osse, également visé par une procédure disciplinaire, a bénéficié de la clémence de ses collègues après avoir présenté ses excuses devant l'ensemble des élus. Son acte de contrition a convaincu les députés qui lui ont accordé leur pardon à l'unanimité, lui permettant ainsi de conserver ses fonctions.
Afin d'éclairer l'opinion publique sur les motivations et le contenu des décisions prises, le rapporteur de l'Assemblée provinciale, le Dr Papy Omeonga Tchopa, a présenté un exposé détaillé devant les élus.
"La plénière souveraine a examiné avec responsabilité les différents griefs portés à son attention. Après analyse approfondie et conformément aux textes qui régissent notre institution, les honorables députés ont exprimé leur position à travers un vote démocratique. Treize élus se sont prononcés pour la déchéance du président de l'Assemblée provinciale. Concernant le questeur Asani Noël Osse, la représentation provinciale a pris en considération son attitude d'humilité, son plaidoyer ainsi que sa volonté de préserver la cohésion institutionnelle. Les députés ont estimé qu'il méritait une seconde chance et lui ont accordé leur confiance de manière unanime. Notre objectif demeure le bon fonctionnement de l'Assemblée provinciale et la défense des intérêts de la population du Maniema."
Mais au-delà des questions institutionnelles, la séance a également été marquée par des préoccupations sécuritaires jugées alarmantes. Profitant d'une motion incidentelle, le député provincial élu de Lubutu, Kangakolo Nehemie Stanislas, a attiré l'attention de la plénière sur la détérioration de la situation sécuritaire dans son territoire.
Selon lui, plusieurs localités de Lubutu sont actuellement confrontées aux exactions de groupes armés réfractaires au processus d'intégration des combattants Maï-Maï au sein des patriotes Wazalendo. Ces éléments armés, placés sous le commandement du général autoproclamé Bukuyu, sèmeraient la terreur parmi les populations civiles, multipliant les actes de violence et d'insécurité.
"Je viens devant cette auguste assemblée pour lancer un véritable cri d'alarme. La population de Lubutu traverse aujourd'hui une période extrêmement difficile. Les groupes armés qui refusent d'adhérer au processus d'intégration continuent d'imposer leur loi dans plusieurs villages. Les habitants vivent dans la peur permanente, les déplacements deviennent dangereux et les activités socio-économiques sont fortement perturbées. Nous ne pouvons pas rester silencieux pendant que nos concitoyens subissent ces souffrances. J'en appelle au gouvernement provincial, au gouvernement central ainsi qu'aux services de sécurité afin qu'une réponse rapide et efficace soit apportée pour restaurer l'autorité de l'État et protéger les populations civiles."
À son tour, le député provincial de Punia, territoire voisin de Lubutu, Kalokola Lutaka Gaspard, a plaidé pour une approche concertée afin de mettre fin à l'insécurité récurrente qui affecte cette partie du Maniema. L'élu a notamment recommandé le renforcement du dialogue avec les communautés locales, l'accélération du processus d'intégration des groupes armés et un déploiement accru des forces de sécurité dans les zones affectées.
Cette plénière aura donc été marquée à la fois par un important changement à la tête de l'Assemblée provinciale et par un appel pressant des élus à une action urgente face à l'insécurité persistante dans les territoires de Lubutu et de Punia. Deux dossiers majeurs qui devraient continuer à alimenter le débat politique et sécuritaire dans la province du Maniema au cours des prochaines semaines.