La décision d’interdire aux commerçants la vente des masques, cagoules et autres objets assimilés susceptibles d’être utilisés par des malfrats pour dissimuler leur identité lors des opérations nocturnes de braquage est diversement appréciée dans la province du Maniema. Si certains acteurs de la société civile saluent une mesure qui intervient, selon eux, à point nommé, ils estiment toutefois qu’elle devrait être accompagnée d’autres dispositions sécuritaires pour produire des résultats durables.
Cette interdiction vise notamment à limiter l’accès à certains accessoires régulièrement utilisés par des personnes mal intentionnées pour masquer leur visage lors des opérations criminelles. Pour l’ASBL Citoyen Inconnu, la mesure constitue une avancée dans la prévention de l’insécurité, mais elle ne saurait, à elle seule, mettre fin aux braquages enregistrés pendant la nuit.
Awazi Nengo Meme, membre de l’ASBL Citoyen Inconnu, estime que cette mesure doit s’inscrire dans un dispositif sécuritaire beaucoup plus large. Il s’en explique au micro d’Enzal Balewe :
« Nous saluons cette décision d’interdire la vente des cagoules, des masques et de tous les objets qui peuvent permettre aux malfrats de dissimuler leur identité pendant leurs opérations. C’est une mesure qui arrive à point nommé, parce que nous constatons que certains criminels profitent de ces accessoires pour agir dans l’anonymat, particulièrement pendant la nuit. Mais nous pensons que cette décision doit être accompagnée par d’autres mesures pour qu’elle soit réellement efficace. Il faut notamment renforcer les patrouilles nocturnes, améliorer la présence des éléments de sécurité dans les quartiers et surtout leur donner les moyens nécessaires pour accomplir correctement leur travail. Nous ne devons pas nous limiter à empêcher la vente des cagoules, parce que l’insécurité a plusieurs causes et nécessite une réponse globale. La population doit également collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect et en évitant de faciliter, directement ou indirectement, les activités des personnes qui troublent la tranquillité publique. »
La question de la capacité opérationnelle des forces de sécurité demeure cependant un autre défi. Les éléments de la police affectés aux patrouilles nocturnes sont régulièrement confrontés à des difficultés logistiques, notamment celles liées à leur mobilité.
Le manque de carburant destiné aux véhicules de patrouille constitue, selon plusieurs acteurs, un obstacle au déploiement régulier des forces de l’ordre dans les différents quartiers. Une situation qui risque de limiter l’efficacité des mesures prises contre les braquages nocturnes, même en cas de restriction de la circulation de certains accessoires utilisés par les malfrats.
Les acteurs de la société civile appellent ainsi les autorités à associer les mesures préventives à un renforcement des moyens logistiques et humains de la police, afin d’améliorer la surveillance nocturne et de garantir davantage de sécurité à la population.
Enzal Balewe, dans ce reportage.