Maniema : Le Mouvement « Le Citoyen Inconnu » dénonce un « dépotoir » et s'oppose à l'accueil des migrants refoulés des États-Unis

Maniema : Le Mouvement « Le Citoyen Inconnu » dénonce un « dépotoir » et s'oppose à l'accueil des migrants refoulés des États-Unis

Awazi Nengo Meme, Coordonnateur du mouvement, appelle à une pétition nationale et fait un parallèle historique troublant avec l'installation des déportés burundais et hutus dans la province, mettant en garde contre une « aventure de trahison ».

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Ghislain Lukambo

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L'annonce de l'arrivée prochaine en République Démocratique du Congo d'immigrants étrangers refoulés par le gouvernement américain de Donald Trump ne passe pas dans la province du Maniema. Awazi Nengo Meme, Coordonnateur du Mouvement Citoyen « Le Citoyen Inconnu », a tenu une conférence de presse virulente ce vendredi à Kindu, qualifiant cette décision de « honte nationale » et d'« aventure de trahison ».

Dans un long plaidoyer, le militant citoyen exhorte la population à ne pas se laisser faire et annonce le lancement d'une pétition nationale pour contrecarrer cet accord migratoire. Il estime que la RDC est traitée comme un « dépotoir » des indésirables du monde occidental.

« La RDC ne doit pas être considérée comme un dépotoir prêt à recevoir tout ce qui déplaît ailleurs. C'est une honte ! Pendant que Trump nettoie son pays, on veut nous imposer des populations dont on ne connaît ni les antécédents ni les intentions. C'est quel type d'accord qui n'est même pas soumis à la ratification du Parlement ? En quoi consiste son urgence, sinon à brader notre souveraineté ? Nous, Mouvement Citoyen Inconnu, nous allons initier une pétition de refus de cet accord. Nous allons la faire circuler dans toutes les provinces pour récolter des signatures. Nous ne pouvons pas accepter cette aventure de trahison les bras croisés. Je prends un exemple banal : la complaisance sur l'importation des véhicules d'occasion. On a laissé faire et aujourd'hui, les embouteillages monstres bloquent Kinshasa et les dirigeants ne savent plus quoi faire. Si on laisse entrer ces gens sans condition, dans dix ans, ils seront nos maîtres ici au Maniema. »

Awazi Nengo Meme appuie son argumentaire sur une relecture historique du peuplement du Maniema. Il rappelle que par le passé, l'installation de populations étrangères déportées ou fuyant des conflits voisins a profondément modifié la démographie et, selon lui, fragilisé l'identité locale.

« Retraçons l'historique de triste mémoire. Les déportés burundais recrutés par les colonialistes belges pour travailler dans les mines de la COBELMIN à Kalima, dans l'ex-District du Maniema. Où sont-ils aujourd'hui ? Ils sont devenus, sans vergogne, des Congolais dissimulés dans la tribu Lega. Il en est de même pour les Hutus rwandais qui pullulaient jadis dans plusieurs coins du Maniema. Ils nous ont été imposés par le Gouvernement Kengo wa Dondo lors des accrochages entre Hutus et Tutsis rwandais qui ont coûté la vie au Président Juvénal Habyarimana. Aujourd'hui, on ne sait plus qui est qui. Nous disons NON. Nous refusons d'être la terre d'asile des refoulés de Trump. Le Congo n'est pas une poubelle ! »

En définitive, la sortie médiatique d'Awazi Nengo Meme cristallise les craintes d'une partie de la population congolaise face à un éventuel afflux de migrants sans garanties préalables. Alors que les autorités nationales restent silencieuses sur les modalités de cet accord, le débat sur la souveraineté nationale et la mémoire historique des migrations imposées refait surface avec force dans la province du Maniema.

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