La communauté internationale célèbre ce samedi 13 juin la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme. Instituée pour renforcer la visibilité des personnes atteintes de cette condition génétique, cette journée est également l’occasion de rappeler les nombreux défis auxquels elles continuent de faire face dans plusieurs sociétés.
Cette année, le thème retenu est : « Bien dans ma peau, célébrons toutes les nuances de couleur de peau ». À Butembo, le sociologue Théophile Mayani estime que malgré les progrès réalisés dans certains domaines, les personnes atteintes d’albinisme demeurent victimes de discriminations qui affectent profondément leur quotidien.
« La discrimination fondée sur la couleur de peau des personnes atteintes d’albinisme porte atteinte à leur dignité, leur sécurité et leur bien-être mental », déplore-t-il.
Selon cet observateur social, les préjugés hérités de certaines croyances traditionnelles continuent d’alimenter l’exclusion et la marginalisation des personnes albinos dans plusieurs communautés africaines. Ces discriminations se manifestent notamment par des moqueries, des stéréotypes, des propos déshumanisants ou encore des actes de harcèlement.
Pour les défenseurs des droits humains, ces comportements constituent une atteinte aux principes fondamentaux de respect et d’égalité. Ils estiment qu’un important travail de sensibilisation reste à accomplir afin de déconstruire les idées reçues qui entourent encore l’albinisme.
« Il faut lutter contre les préjugés, donner la parole aux concernés et promouvoir des environnements fondés sur l’égalité, la sécurité et l’inclusion », insiste Théophile Mayani.
Les spécialistes de la santé rappellent de leur côté que l’albinisme est une condition génétique héréditaire présente dans toutes les régions du monde. Contrairement à certaines croyances populaires, il ne s’agit ni d’une malédiction ni d’une maladie contagieuse.
Les données médicales indiquent que cette condition touche environ une personne sur 20 000 en Europe et en Amérique du Nord, tandis qu’en Afrique subsaharienne les estimations varient entre une personne sur 5 000 et une personne sur 15 000.
À l’occasion de cette journée, les organisations engagées dans la défense des personnes atteintes d’albinisme invitent les autorités, les écoles, les médias et la société civile à multiplier les initiatives de sensibilisation afin de bâtir une société plus inclusive, où chacun peut vivre pleinement sa citoyenneté sans être jugé sur son apparence physique.