Moussa Kabwakubi Moïse, gouverneur de la province du Maniema, a regagné son poste d’attache à Kindu ce jeudi 02 mars 2026. Mais à peine installé, l’autorité provinciale se retrouve déjà au cœur d’une nouvelle zone de turbulences politiques, marquée par une interpellation initiée au sein de l’Assemblée provinciale.
À l’origine de cette initiative, un député provincial élu de Kabambare, identifié sous le nom de Tchopé, qui exige des éclaircissements sur la gestion de plusieurs fonds publics jugés sensibles. Il s’agit notamment des ressources allouées au Fonds spécial des recherches pour le territoire de Kabambare, des recettes issues de la taxe conventionnelle, ainsi que des revenus générés par la redevance minière.
Selon des sources parlementaires, cette démarche vise à établir la transparence sur l’utilisation de « plusieurs milliers de dollars américains » destinés à ces secteurs, dans un contexte où la gouvernance financière provinciale reste régulièrement pointée du doigt par certains élus et acteurs de la société civile.
« L’objectif de cette interpellation est de faire toute la lumière sur l’utilisation des fonds publics dans le territoire de Kabambare. Il ne s’agit pas d’une attaque personnelle, mais d’un exercice normal de contrôle parlementaire pour garantir la transparence et la bonne gouvernance », confie une source proche de l’Assemblée provinciale.
D’après notre correspondant permanent à Kindu, ENZAL BALEWE, la correspondance d’interpellation aurait été déposée à la fin de la semaine écoulée au cabinet du président de l’Assemblée provinciale du Maniema, marquant ainsi le début d’une procédure qui pourrait aboutir à une audition officielle du gouverneur devant les élus provinciaux.
« La lettre a été bel et bien réceptionnée par le bureau de l’Assemblée provinciale. Les prochains jours seront déterminants pour la suite de la procédure, notamment la programmation de l’interpellation en plénière », rapporte notre source sur place.
Cette situation intervient dans un climat politique provincial déjà sensible, où les questions liées à la gestion des ressources naturelles, en particulier minières, cristallisent les tensions entre l’exécutif et le législatif.
Pour de nombreux observateurs, cette interpellation pourrait constituer un test majeur pour le gouverneur Moussa Kabwakubi Moïse, appelé à rassurer à la fois les élus et l’opinion publique sur la transparence de sa gestion.
« Le gouverneur devra apporter des réponses claires et convaincantes. Dans un contexte où la redevance minière et les taxes locales représentent des leviers essentiels pour le développement, toute zone d’ombre alimente la méfiance et fragilise l’action publique », analyse un acteur de la société civile locale.
En attendant la convocation officielle, cette affaire s’annonce déjà comme un épisode politique majeur au Maniema, susceptible de redéfinir les rapports entre les institutions provinciales et de relancer le débat sur la gouvernance des ressources publiques.
Depuis Kindu, ALUMBA Roger