Dans le territoire de Kailo, en province du Maniema, la population du village Makola, situé en amont du fleuve Congo, tente de pallier l’absence d’une structure sanitaire fonctionnelle. Faute de soins accessibles, les habitants ont investi un bâtiment abandonné par l’État pour y aménager un poste de santé de fortune destiné à répondre, tant bien que mal, aux besoins sanitaires de la communauté.
Cette structure fonctionne cependant dans des conditions particulièrement difficiles. Elle manque de médicaments, de matériels médicaux et d’équipements appropriés pour assurer une prise en charge convenable des patients. Une situation qui inquiète les habitants, contraints de faire face à des difficultés d’accès aux soins dans une zone qui reste insuffisamment desservie par les services de base.
Face à cette situation, Franck Yumbu N’koy, habitant de Makola, lance un cri d’alarme aux autorités provinciales et nationales, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux personnes de bonne volonté. Il sollicite un appui urgent afin de doter cette structure du minimum nécessaire à son fonctionnement.
« Nous avons été obligés d’occuper ce bâtiment qui était abandonné pour essayer d’en faire un poste de santé, parce que notre population a besoin d’être soignée. Mais aujourd’hui, nous n’avons pratiquement rien pour faire fonctionner cette structure : pas suffisamment de médicaments, pas de matériel médical et pas d’équipements adaptés. Nous demandons aux autorités, aux organisations humanitaires et à toutes les personnes de bonne volonté de penser à la population de Makola. Nous ne pouvons pas continuer à regarder nos familles souffrir alors qu’un bâtiment existe et pourrait servir à offrir des soins. Nous avons besoin d’un véritable accompagnement pour transformer ce poste de fortune en une structure capable de prendre correctement en charge les malades de notre communauté. »
Les habitants de Makola déplorent plus largement ce qu’ils considèrent comme un déficit d’attention accordée à leur milieu. Le territoire de Kailo, situé à proximité de Kindu, chef-lieu du Maniema, reste confronté à plusieurs difficultés liées notamment à l’accès aux services sociaux de base.
Cette situation paraît d’autant plus paradoxale que le territoire abrite le Parc national de la Lomami et connaît également des activités d’exploitation minière, notamment par des opérateurs étrangers. Les habitants estiment que ces activités devraient davantage contribuer au développement local et à l’amélioration des conditions de vie des communautés.
Ils appellent ainsi les autorités à veiller au respect des engagements pris dans le cadre des cahiers des charges des entreprises opérant dans la région, afin que les populations locales puissent également bénéficier des retombées du développement et des ressources de leur territoire.
Pour l’heure, le poste de santé improvisé de Makola demeure un symbole des difficultés auxquelles cette population est confrontée. Les habitants espèrent une intervention rapide pour éviter que cette initiative communautaire ne reste sans moyens et sans accompagnement.
Enzal Balewe, depuis Kindu