Des ex-éléments du groupe armé Simba Maï-Maï, aujourd’hui intégrés au mouvement Wazalendo, annoncent leur adhésion au processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration, dans le cadre des initiatives visant à favoriser le retour à la paix et la réinsertion des porteurs d’armes dans la communauté. L’annonce a été faite ce lundi 11 août 2026 par Jean-Pierre Mumbere, président de la société civile, antenne de Lubutu. Selon lui, cette décision intervient à la suite des appels lancés par les autorités administratives ainsi que par les notables du territoire de Lubutu en faveur de l’abandon de la lutte armée et de l’adhésion aux mécanismes de paix.
Pour la société civile locale, cette démarche constitue un signal encourageant dans une zone où la présence de groupes armés continue de représenter une préoccupation majeure pour les populations. L’adhésion de ces ex-combattants au processus de RAD pourrait, selon les acteurs locaux, contribuer à réduire la circulation des armes et à favoriser la restauration progressive de l’autorité de l’État.
« Nous saluons la décision prise par ces éléments qui ont accepté de répondre positivement à l’appel des autorités et des notables de Lubutu. C’est un pas important vers la recherche de la paix. Nous demandons maintenant aux autorités de ne pas abandonner ces personnes après leur décision de quitter la voie des armes. Il faut les encadrer, les sensibiliser et préparer sérieusement leur prise en charge afin que leur adhésion au processus puisse être effective et durable », a déclaré Jean-Pierre Mumbere.
Le président de la société civile de Lubutu appelle particulièrement les autorités nationales et provinciales à prendre les dispositions nécessaires pour assurer la prise en charge des porteurs d’armes qui souhaitent rejoindre le processus de désarmement. Pour lui, l’accompagnement des ex-combattants constitue une étape déterminante pour éviter leur retour dans les groupes armés.
Il demande notamment que les mécanismes prévus dans le cadre du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation, P-DDRCS, puissent être activés de manière effective dans le territoire de Lubutu.
« Nous sollicitons l’implication des autorités nationales et provinciales pour que ces porteurs d’armes soient correctement pris en charge avant et pendant les différentes étapes du processus. Il ne suffit pas de demander aux hommes armés de déposer les armes. Il faut également leur offrir des perspectives de réinsertion, des activités génératrices de revenus et un accompagnement qui puisse leur permettre de retrouver une vie normale au sein de leurs communautés », a insisté le président de la société civile.
Cette prise de position intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile dans le territoire de Lubutu. Selon la société civile locale, deux groupes armés lourdement équipés seraient encore actifs dans cette partie du Maniema. Le premier serait dirigé par Mandro Mazero, un ancien colonel des FARDC qui se serait autoproclamé général, tandis que le second serait dirigé par un autre chef se présentant également comme général, connu sous le nom de Bukuyu.
La société civile estime que la volonté affichée par certains ex-combattants de rejoindre le processus de désarmement doit être considérée comme une opportunité pour accélérer les efforts de pacification dans le territoire. Elle appelle ainsi les autorités à renforcer le dialogue avec les différents acteurs locaux afin d'encourager d'autres porteurs d'armes à abandonner les groupes armés.
Pour les acteurs de la société civile, la réussite du processus dépendra toutefois de la capacité des autorités à garantir un encadrement sérieux des ex-combattants et à assurer leur réinsertion dans leurs communautés d’origine. Ils insistent également sur la nécessité de prendre en compte les besoins des populations victimes des violences et de renforcer la sécurité dans les zones concernées.
L’adhésion annoncée des ex-éléments Simba Maï-Maï convertis aux Wazalendo constitue donc une nouvelle étape dans les efforts visant à réduire l’activisme des groupes armés à Lubutu. La société civile attend désormais des actes concrets des autorités afin que cette volonté de déposer les armes puisse se transformer en un véritable processus de retour à la paix.
ENZAL BALEWE, permanent dans la région.