Lubumbashi : les naissances dans la rue inquiètent face à la multiplication des enfants en situation de vulnérabilité

Lubumbashi : les naissances dans la rue inquiètent face à la multiplication des enfants en situation de vulnérabilité

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Ghislain Lukambo

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Les rues de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, deviennent involontairement le lieu de naissance et de vie de certains enfants. Le constat est préoccupant face à la multiplication des enfants dans les espaces publics et aux naissances enregistrées dans des conditions de grande précarité. La société civile sollicite l’intervention des autorités provinciales.

La présence croissante d’enfants et de jeunes filles dans les rues de Lubumbashi inquiète les acteurs de la société civile engagés dans la protection de l’enfance. Parmi les zones où le phénomène est particulièrement visible figurent notamment les abords de l’avenue Lumumba, le coin Chaussée, Kamanyola, Tshinyama vers le quartier Golf ainsi que le rond-point Carrefour. Certains jeunes vivant dans la rue sont exposés à de multiples formes de vulnérabilité, tandis que des jeunes filles peuvent se retrouver enceintes et devenir mères précocement dans un environnement dépourvu de protection familiale et de moyens suffisants.

« Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est que nous assistons à une nouvelle réalité dans les rues de Lubumbashi. Il ne s’agit plus seulement des enfants qui vivent dans la rue, mais aussi des jeunes filles qui y grandissent dans des conditions extrêmement difficiles et qui, malheureusement, deviennent à leur tour des mères. Lorsqu’un enfant naît dans ces conditions, sans cadre familial stable et sans moyens suffisants pour assurer son éducation, sa santé et sa protection, nous risquons simplement de reproduire le même phénomène. C’est pourquoi nous demandons aux autorités provinciales de prendre cette question au sérieux et de mettre en place des mécanismes efficaces pour protéger ces enfants, accompagner les jeunes filles vulnérables et rechercher, lorsque cela est possible, des solutions de réinsertion familiale. »

Au-delà des conséquences immédiates sur les enfants, la société civile craint que cette situation ne crée un cycle de vulnérabilité difficile à interrompre. Elle appelle donc les autorités à renforcer les services sociaux, l’accompagnement des enfants en rupture familiale et les mécanismes de prévention des violences et de l’exploitation des mineurs.

« Nous appelons l’autorité provinciale à intervenir avant que la situation ne devienne encore plus grave. Il faut aller au-delà des actions ponctuelles et chercher des solutions durables. Ces enfants ont besoin d’être identifiés, protégés, soignés et accompagnés. Il faut également travailler avec les familles pour comprendre pourquoi certains enfants se retrouvent dans la rue. Si nous ne faisons rien maintenant, nous allons continuer à voir des enfants naître et grandir dans les mêmes conditions, et la rue risque de devenir une véritable chaîne qui se transmet d’une génération à l’autre. La protection de l’enfant doit être une responsabilité collective, mais l’État doit jouer pleinement son rôle. »

La société civile invite ainsi les autorités provinciales et urbaines, les services sociaux ainsi que les organisations spécialisées à unir leurs efforts pour apporter une réponse structurée à ce phénomène qui prend de l’ampleur à Lubumbashi.

Dédé Roy, depuis Lubumbashi, pour RTEE Kivu.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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