La province de Lomami est confrontée à une nouvelle montée de tensions liées à des conflits autour du pouvoir coutumier. À Tshienda, dans le secteur de Kanda Kanda, territoire de Luilu, des violences liées à la succession au pouvoir traditionnel auraient fait au moins un mort, une dizaine de blessés graves et provoqué l’incendie d’une vingtaine de maisons. À Mambu, dans le territoire voisin de Lubao, une autre crise autour de la succession au pouvoir dans la chefferie d’Ebombo a également entraîné des destructions de biens et des déplacements de populations. Face à cette situation, le gouvernement provincial annonce l’ouverture d’une enquête.
À Tshienda, la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante après des affrontements liés à un conflit de succession au pouvoir coutumier. La localité, située dans le secteur de Kanda Kanda, territoire de Luilu, aurait été le théâtre de violences ayant contraint plusieurs habitants à abandonner leurs maisons pour se réfugier dans la brousse. Le bilan provisoire fait état d’au moins un mort, une dizaine de blessés graves et une vingtaine de maisons incendiées. Certaines sources locales évoquent toutefois un bilan humain plus lourd, qui reste à confirmer officiellement. La violence aurait provoqué une véritable fuite des habitants, désormais confrontés à des conditions de vie précaires loin de leurs habitations.
« La situation est devenue très préoccupante à Tshienda à la suite du conflit lié à la succession au pouvoir coutumier. Nous avons enregistré au moins un mort et une dizaine de personnes grièvement blessées, alors qu’une vingtaine de maisons auraient été incendiées. La population a été prise de panique et plusieurs habitants ont fui leurs maisons pour trouver refuge dans la brousse. Nous appelons les autorités à intervenir rapidement pour rétablir la sécurité, protéger les civils et permettre aux familles déplacées de regagner leurs habitations dans des conditions sécurisées. », rapportent les informations recueillies dans la zone.
La situation est également tendue à Mambu, dans le territoire de Lubao, où un autre conflit coutumier autour de la succession au pouvoir dans la chefferie d’Ebombo a dégénéré en violences. Plusieurs maisons auraient été incendiées et des biens détruits. Des habitants signalent par ailleurs la présence d’hommes armés présentés comme des Maï-Maï, tandis que des cas de disparition sont également évoqués. Face à ces informations, le gouvernement provincial de Lomami a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de ces violences, identifier les responsables et établir un bilan fiable.
« Nous demandons que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Mambu. Les informations faisant état de maisons incendiées, de biens détruits, de la présence d’hommes armés et de personnes portées disparues sont suffisamment préoccupantes pour justifier une enquête sérieuse. Il faut établir les faits, identifier les responsabilités et prendre les dispositions nécessaires pour protéger la population. Le conflit autour de la succession au pouvoir coutumier ne doit pas devenir un prétexte à des violences contre les civils. », souligne une source proche du dossier.
Ces deux situations illustrent les conséquences que peuvent entraîner les conflits liés à la succession au pouvoir coutumier lorsqu’ils ne sont pas rapidement pris en charge par les mécanismes de médiation et les autorités compétentes. Au-delà des divergences entre protagonistes, les populations civiles se retrouvent directement exposées aux violences, aux destructions de leurs habitations et aux déplacements forcés.
À Tshienda comme à Mambu, les habitants attendent désormais des autorités des mesures concrètes pour restaurer la sécurité, établir les responsabilités et favoriser le retour au calme. L’ouverture annoncée d’une enquête à Mambu devrait notamment permettre de clarifier les informations faisant état de disparitions et de la présence d’hommes armés.
Les autorités sont également appelées à renforcer la protection des populations déplacées et à faciliter leur retour dans leurs villages lorsque les conditions sécuritaires le permettront.
Reportages Benjamin Lubo, depuis Lomami