La suspension des activités académiques dans les universités publiques de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, continue de susciter des réactions. L’ancien député national élu de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, appelle les institutions de la République à s’impliquer pour trouver une issue à cette situation et permettre aux étudiants de reprendre normalement leurs activités académiques.
Dans une interview exclusive accordée ce vendredi 4 septembre à la RTEE Kivu, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa estime que la suspension décidée par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations risque d’avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement des établissements concernés, mais aussi sur les étudiants et les membres des corps académique et scientifique. Pour lui, la situation nécessite une réponse à la fois politique, institutionnelle et diplomatique.
« J’estime que l’Assemblée nationale et le gouvernement doivent se saisir de cette question avec beaucoup d’attention. La suspension des activités académiques pénalise d’abord les étudiants, mais elle affecte également les enseignants et l’ensemble du personnel universitaire. Il faut donc rechercher des mécanismes permettant de préserver la continuité de la formation tout en tenant compte du contexte sécuritaire qui prévaut à Goma et à Bukavu », plaide Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa.
L’ancien parlementaire propose notamment que les institutions congolaises explorent les mécanismes diplomatiques disponibles afin de contribuer au règlement de la crise qui affecte les établissements publics d’enseignement supérieur dans les deux provinces. Il cite notamment le Conseil de sécurité de l’Union africaine, la SADC ainsi que la médiation qatarie, qu’il considère comme des cadres pouvant être mis à contribution pour favoriser une solution. Selon lui, ces démarches devraient notamment viser à faire pression sur l’AFC/M23 afin qu’il retire les nominations effectuées au sein des établissements publics d’enseignement supérieur.
Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa estime par ailleurs que les mesures prises à l’encontre de certains membres des corps académiques doivent faire l’objet d’un examen individualisé. Il invite le gouvernement à analyser chaque situation séparément afin d’éviter les amalgames et de distinguer les responsabilités des uns et des autres.
« Il faut examiner les différents cas individuellement. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier. Lorsqu’il y a des sanctions ou des accusations contre certains membres des corps académiques, il faut identifier clairement les responsabilités et traiter chaque dossier selon les faits qui lui sont propres. Cela permettra de préserver à la fois l’intégrité des institutions universitaires et les droits des personnes concernées », soutient-il.
Pour cet ancien député, la priorité reste de trouver un équilibre entre les impératifs sécuritaires, la préservation de l’intégrité des établissements publics d’enseignement supérieur et la nécessité de garantir aux étudiants la continuité de leur formation. Il appelle ainsi les autorités congolaises à multiplier les initiatives susceptibles de favoriser une sortie de crise et d’éviter que la suspension prolongée des activités ne compromette davantage les cursus universitaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Degusto Muhindo depuis Butembo