Une descente effectuée au centre de captage de la REGIDESO met en lumière des dysfonctionnements significatifs qui affectent la chaîne de production et de distribution.
Selon les constats établis sur le terrain, le centre secondaire d’exploitation fonctionne actuellement en régime dégradé, avec une seule unité de pompage opérationnelle sur les trois installées. Cette réduction de capacité impacte directement le débit de production et, par ricochet, la continuité du service de desserte en eau potable dans plusieurs quartiers de la ville.
Le chef de centre secondaire de la REGIDESO Kabinda, Habacuc Kiabu Mulenda, confirme cette situation et évoque des contraintes d’ordre technique liées à la maintenance et à la remise en état des équipements hydrauliques. Il annonce toutefois la réhabilitation imminente d’une deuxième pompe, une mesure qui devrait permettre une amélioration progressive du rendement global et une augmentation de la capacité de production.
En marge de la commémoration de la Journée mondiale de l’eau, le responsable local a salué l’évolution du comportement de certains usagers, marquée par une prise de conscience accrue de la valeur stratégique de la ressource en eau. Il a encouragé la poursuite de cette dynamique citoyenne, notamment en matière de gestion rationnelle et durable de l’eau potable.
Cependant, au-delà des difficultés techniques, la situation financière de la REGIDESO reste préoccupante. Le volume des créances impayées est estimé à plus de 178 millions de francs congolais, une dette qui fragilise la trésorerie de l’entreprise et limite fortement ses capacités d’investissement, notamment pour la maintenance préventive et la modernisation des infrastructures.
Malgré ce contexte difficile, la REGIDESO poursuit ses efforts pour assurer la continuité du service public, même de manière intermittente dans plusieurs quartiers de Kabinda. Les populations sont ainsi appelées à faire preuve de responsabilité en signalant rapidement les fuites sur le réseau de distribution, afin de faciliter les interventions techniques et de réduire les pertes en ligne.
Face à cette situation, les experts estiment que la problématique de l’eau potable à Kabinda nécessite des solutions structurelles intégrées, combinant la réhabilitation des équipements, l’amélioration de la gestion financière et l’implication active des abonnés, afin de garantir un accès durable et équitable à cette ressource essentielle.
Depuis Lomami, Benjamin LUBO NKONGOLO