Ituri–Haut-Uele : Bunia renforce la coopération interprovinciale contre l’insécurité et Ebola

Ituri–Haut-Uele : Bunia renforce la coopération interprovinciale contre l’insécurité et Ebola

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Ghislain Lukambo

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Les provinces de l’Ituri et du Haut-Uele décident de renforcer leur collaboration dans les secteurs sécuritaire et sanitaire. La décision a été prise ce samedi 8 août à Bunia, à l’issue d’une séance de travail entre les autorités des deux provinces. Les échanges ont notamment porté sur les défis sécuritaires auxquels sont confrontées les zones frontalières, avec un accent particulier sur la lutte contre les ADF et leurs alliés, mais également sur la riposte contre la maladie à virus Ebola, qui concerne les deux provinces.

Cette rencontre intervient dans un contexte où les mouvements des populations entre l’Ituri et le Haut-Uele rendent nécessaire une coordination accrue des autorités, aussi bien dans la surveillance sécuritaire que dans le domaine de la santé publique.

Le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, a insisté sur la nécessité pour les deux provinces de travailler de manière coordonnée afin de faire face aux groupes armés actifs dans les zones proches de leur frontière commune.

Pour l’autorité provinciale, l’efficacité de la réponse sécuritaire passe notamment par le partage d’informations et une collaboration plus étroite entre les services concernés.

« Nous avons estimé qu’il était important que le Haut-Uele et l’Ituri puissent renforcer leur collaboration, particulièrement dans le domaine sécuritaire. Nos deux provinces partagent une frontière et les mouvements des populations ainsi que les activités des groupes armés ne s’arrêtent pas aux limites administratives. Nous devons donc harmoniser nos stratégies et renforcer la circulation des informations entre nos différents services. Nous lançons également un appel à nos populations respectives pour qu’elles collaborent avec les services de sécurité. Lorsqu’un mouvement suspect est constaté, lorsqu’une présence inhabituelle est observée ou lorsqu’une information importante est disponible, il faut la communiquer aux services compétents. La sécurité est une responsabilité qui concerne à la fois les autorités et la population. »

Cette approche devrait notamment permettre de renforcer la surveillance dans les zones frontalières et d'améliorer la coordination des interventions en cas d'incident sécuritaire. Les autorités provinciales souhaitent ainsi éviter que les groupes armés puissent profiter des limites administratives pour se déplacer ou échapper aux opérations des forces de défense et de sécurité.

Au-delà de la sécurité, la question sanitaire a également occupé une place importante au cours de cette séance de travail.

Les provinces de l’Ituri et du Haut-Uele étant concernées par la circulation de la maladie à virus Ebola, les responsables insistent sur la nécessité d’une réponse coordonnée afin de limiter les risques de propagation.

Le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, s’est dit encouragé par l’évolution de la situation épidémiologique en Ituri. Il appelle néanmoins les habitants de sa province à maintenir la vigilance et à respecter les mesures de prévention.

Le responsable provincial encourage également la population à collaborer avec les équipes sanitaires et à faire confiance au personnel médical engagé dans la riposte. De son côté, le professeur Steve Ahuka, incident manager de la riposte contre Ebola, a insisté sur la nécessité d’une approche commune entre les deux provinces.

Selon lui, les frontières administratives ne constituent pas une barrière à la propagation d’une maladie. La riposte doit donc tenir compte des mouvements des personnes et des liens existant entre les communautés de l’Ituri et du Haut-Uele.

« Nous sommes face à une seule épidémie et nous devons donc avoir une réponse qui soit harmonisée entre les différentes zones concernées. Il ne serait pas efficace que chaque province travaille de manière isolée alors que les populations circulent entre l’Ituri et le Haut-Uele. Nous devons renforcer la surveillance, intensifier la sensibilisation communautaire et faire en sorte que les personnes présentant des signes suspects puissent être prises en charge rapidement. Il est également important de renforcer la prévention et le contrôle des infections dans les formations sanitaires et de sécuriser les opérations d’enterrement afin d’éviter les risques de transmission. La communauté doit être au centre de cette riposte, parce que sans son adhésion, même les meilleurs dispositifs sanitaires peuvent rencontrer des difficultés. »

Les acteurs de la riposte insistent notamment sur la sensibilisation des communautés afin de réduire les rumeurs, favoriser le recours rapide aux soins et encourager la collaboration avec les équipes de santé.

La prise en charge précoce des cas suspects, la prévention des infections et le respect des mesures lors des enterrements figurent parmi les principales priorités évoquées. À l’issue de leur séance de travail, les deux provinces ont convenu de poursuivre cette dynamique de collaboration à travers des rencontres techniques et interprovinciales régulières.

Ces échanges devraient notamment concerner les secteurs sécuritaire et sanitaire, mais également le domaine économique, compte tenu des échanges importants entre les populations des deux provinces. Cette coopération est présentée comme un moyen de répondre plus efficacement aux défis communs auxquels sont confrontées l’Ituri et le Haut-Uele.

Les autorités provinciales misent désormais sur une coordination renforcée des stratégies et sur une implication accrue des communautés afin de consolider les efforts engagés contre l’insécurité et la maladie à virus Ebola.

Reportage Jolie Palmer, depuis l'Ituri

Tags : # Actualité # RDC

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