Porté par les acteurs ituriens eux-mêmes et soutenu à la fois par les autorités nationales et plusieurs partenaires techniques et humanitaires, ce cadre se veut un espace structuré, continu et inclusif de concertation entre communautés, autorités administratives et leaders sociaux. L’objectif affiché est de rompre avec la logique des réponses ponctuelles aux crises pour instaurer une culture de dialogue permanent.
C’est dans ce contexte qu’une délégation conduite par l’émissaire du Chef de l’État, Max Nissan, a séjourné ce jeudi à Bunia. Sur place, il a évalué l’évolution du processus et échangé avec les différentes parties prenantes impliquées dans la consolidation de la paix.
Au cours des échanges, l’émissaire présidentiel a salué les progrès déjà enregistrés dans la mise en place du mécanisme, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à accompagner la dynamique locale de pacification.
« Nous sommes venus à Bunia pour constater de près les avancées du Mécanisme de dialogue permanent, qui constitue aujourd’hui un instrument essentiel dans la recherche d’une paix durable en Ituri. Nous saluons l’engagement des communautés, des leaders locaux et de tous les acteurs impliqués dans ce processus. Le gouvernement de la République reste fermement engagé à soutenir cette initiative, car elle traduit une approche endogène de la résolution des conflits, basée sur l’écoute, la responsabilité partagée et la prévention. Il est important que ce mécanisme ne reste pas symbolique, mais devienne un véritable outil opérationnel capable d’anticiper et de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. »
Du côté des responsables locaux impliqués dans le MDP, on insiste sur la nécessité de maintenir un engagement constant des communautés afin de consolider les acquis déjà visibles dans certaines zones de la province.
« Le Mécanisme de dialogue permanent est né d’un constat simple : les conflits en Ituri ne peuvent être résolus durablement sans une implication directe des communautés elles-mêmes. Aujourd’hui, nous voyons une évolution encourageante, car les différentes parties acceptent progressivement de se parler, même après des périodes de tensions profondes. Toutefois, ce processus reste fragile et nécessite un accompagnement continu, tant sur le plan institutionnel que sur le plan sécuritaire. Notre ambition est de faire de ce cadre un véritable pilier de prévention des conflits, où chaque communauté se sent écoutée et respectée dans ses préoccupations. »
Alors que la situation sécuritaire demeure encore marquée par des poches d’instabilité dans certaines zones de l’Ituri, les autorités misent de plus en plus sur les mécanismes locaux de dialogue pour compléter les efforts militaires et administratifs déjà engagés.
Depuis Bunia, le signal envoyé est clair : la paix durable en Ituri passe désormais par la consolidation du dialogue et la responsabilisation des communautés.
Jolie Palmer depuis Bunia.