Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a été enregistrée dans la nuit de samedi à dimanche 26 juillet sur la route de desserte agricole Makumo-Mahu, en territoire de Mambasa (Ituri). Six motos ont été réduites en cendres par les assaillants, une situation qui ravive les inquiétudes des populations locales confrontées à une insécurité persistante. Face à cette recrudescence des violences, le défenseur des droits humains Grâce Kakine appelle au renforcement des opérations conjointes FARDC-UPDF et à une collaboration accrue entre les services de sécurité et les communautés.
Selon les premières informations recueillies sur place, l'attaque s'est produite sur la route reliant Makumo à Mahu, dans le groupement Bangole, en chefferie des Babila-Babombi. Les rebelles présumés des ADF ont intercepté plusieurs motocyclistes avant de mettre le feu à six engins, causant d'importantes pertes matérielles. Aucun bilan officiel concernant d'éventuelles victimes n'était encore disponible au moment de la rédaction de cette dépêche.
Réagissant à cet incident, le défenseur des droits humains Grâce Kakine estime que cette nouvelle attaque confirme la présence active des combattants ADF dans cette partie de l'Ituri. Il indique que les rebelles continueraient à circuler dans les zones forestières des Babila-Babombi, profitant de la densité de la forêt pour mener leurs incursions contre les populations civiles et les usagers de la route.
« L'incendie de ces six motos démontre une fois de plus que les ADF continuent d'être actifs dans la forêt des Babila-Babombi. Les populations vivent dans une peur permanente et les usagers de la route agricole Makumo-Mahu ne savent plus à quel moment ils peuvent tomber dans une embuscade. Nous demandons aux forces conjointes FARDC-UPDF de renforcer les patrouilles de jour comme de nuit et d'intensifier les opérations offensives afin de neutraliser ces groupes armés qui continuent de semer la terreur. Il est impératif que les autorités sécuritaires prennent toutes les dispositions nécessaires pour protéger les civils et sécuriser les principaux axes routiers de cette région », a déclaré Grâce Kakine au micro de Faraja Katho.
Le défenseur des droits humains appelle également les habitants à jouer un rôle actif dans la prévention des attaques en collaborant avec les services de sécurité. Selon lui, la circulation d'informations fiables sur les mouvements suspects pourrait contribuer à anticiper les incursions des groupes armés et à limiter les dégâts.
« La sécurité n'est pas seulement l'affaire des forces de défense, elle concerne aussi chaque citoyen. Nous exhortons la population à rester vigilante, à éviter de se déplacer dans les zones à risque sans nécessité et surtout à signaler immédiatement tout mouvement suspect aux services de sécurité. Une bonne collaboration entre les communautés et les autorités peut permettre de prévenir plusieurs attaques. Notre souhait est de voir revenir une paix durable afin que les cultivateurs, les commerçants et les transporteurs puissent reprendre librement leurs activités sans craindre les violences des ADF », a ajouté Grâce Kakine.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte où les territoires de Mambasa, d'Irumu et de Beni demeurent régulièrement la cible des rebelles ADF, malgré les opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l'armée ougandaise (UPDF). Les acteurs de la société civile continuent de plaider pour une intensification des opérations de sécurisation afin de protéger les populations et de restaurer durablement la paix dans cette partie de l'est de la République démocratique du Congo.
De retour d'Ituri, Faraja Katho