La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le territoire de Mambasa, en province de l'Ituri. Deux civils ont été tués et une troisième personne grièvement blessée vendredi après-midi lors d'une embuscade attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Bahiti, sur l'axe routier Oïcha–Biakato. À la suite de cette nouvelle attaque meurtrière, l'Association pour la Protection et la Défense des Droits des Enfants et des Femmes Vulnérables (APDEF/Mambasa) interpelle les autorités sur la nécessité de clarifier la situation sécuritaire dans cette partie de la province afin de mieux protéger les populations civiles.
Selon les informations communiquées par l'APDEF/Mambasa, l'attaque s'est produite aux environs de 16 heures, alors que trois personnes circulaient à moto en provenance d'Oïcha en direction de Biakato, dans le secteur de Babila-Babombi. Les victimes décédées ont été identifiées comme Jeannot et sa sœur Solange, tous deux originaires de Biakato. Ils voyageaient à bord d'une moto conduite par Kitsa Katembo lorsqu'ils seraient tombés dans une embuscade tendue par des hommes armés présentés comme des combattants des ADF.
D'après les témoignages recueillis par l'organisation de défense des droits humains, les assaillants ont ouvert le feu sur les occupants de la moto sans leur laisser aucune possibilité de fuir. Jeannot et Solange ont succombé sur le champ, tandis que le conducteur, grièvement atteint par balles, a été secouru puis transféré à l'Hôpital général de référence d'Oïcha où il poursuit sa prise en charge médicale.
Le coordonnateur territorial de l'APDEF/Mambasa, Ram's Malikidogo, affirme que cette attaque illustre une nouvelle fois la vulnérabilité persistante des populations empruntant cet axe routier.
« Les informations que nous avons recueillies indiquent que les victimes revenaient d'Oïcha lorsqu'elles ont été prises pour cible par des hommes armés. Deux personnes ont perdu la vie sur place et le conducteur a été grièvement blessé. Nous demandons aux autorités de tout mettre en œuvre pour sécuriser cette zone afin d'éviter que d'autres civils ne soient victimes de telles attaques. », a déclaré Ram's Malikidogo.
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours seulement après celle enregistrée à Kasoko-Mbopi, où trois civils avaient été tués et plusieurs habitations incendiées, selon des sources locales. La répétition de ces violences alimente les inquiétudes des habitants, qui dénoncent une dégradation continue de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du territoire de Mambasa. L'APDEF/Mambasa indique que plusieurs villages, notamment Kasoko-Mbopi, Bahiti, Ngubo, Mbapili et Phoni, se trouvent actuellement dans une zone où opèrent les groupes Wazalendo, une situation qui, selon l'organisation, nécessite des clarifications de la part des autorités compétentes afin de rassurer les populations et de renforcer la coordination des dispositifs de sécurité.
Pour Ram's Malikidogo, les habitants ont besoin d'être fixés sur la réalité de la situation sécuritaire afin de reprendre leurs activités dans un climat de confiance.
« Les populations vivent dans l'incertitude. Il est indispensable que les autorités expliquent clairement la situation sécuritaire dans cette partie du territoire de Mambasa et prennent des mesures concrètes pour garantir la protection des civils. La sécurité des habitants doit rester une priorité absolue. », a insisté le coordonnateur territorial de l'APDEF/Mambasa.
Face à la recrudescence des attaques contre les civils, les acteurs de la société civile appellent à un renforcement des opérations de sécurisation sur les principaux axes routiers reliant Oïcha, Biakato et les localités environnantes. Ils plaident également pour une présence accrue des forces de défense et de sécurité afin de prévenir de nouvelles incursions armées et de permettre aux populations de circuler et d'exercer leurs activités sans crainte.
Cette nouvelle tragédie rappelle une fois de plus les défis sécuritaires persistants auxquels restent confrontées les populations vivant à la frontière entre les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, où les attaques attribuées aux ADF continuent de faire des victimes parmi les civils malgré les opérations militaires menées dans la région.
Reportage Jadot Kyeya de retour de l'Ituri