La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, HCR, se concertent à Lubumbashi sur le retour volontaire des réfugiés congolais vivant en Tanzanie. La huitième réunion de la commission tripartite consacrée à ce processus s’est ouverte ce mardi 25 août 2026 à l’hôtel Pullman Grand Karavia. Ces assises de trois jours réunissent des experts des trois parties autour des conditions nécessaires à un rapatriement volontaire, sécurisé et durable des Congolais réfugiés en Tanzanie.
Les échanges portent notamment sur l’identification des zones de retour et les dispositions à prendre pour accompagner les personnes qui souhaitent regagner la République démocratique du Congo. Dans son mot de bienvenue, le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga et hôte de ces assises, Martin Kazembe Shula, a salué la vision humaniste du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme attentif à la situation des Congolais vivant à l’extérieur du pays.
Le chef de l’exécutif provincial a également rendu hommage aux efforts du chef de l’État en faveur de la paix en RDC et de la stabilité régionale. Il a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à la Tanzanie pour l’hospitalité accordée aux Congolais ayant trouvé refuge sur son territoire.
De son côté, Mark Kirya, représentant du HCR, a rappelé que les réfugiés congolais bénéficient depuis plusieurs générations de la protection et de l’assistance de la Tanzanie. Selon lui, plusieurs milliers d’entre eux ont déjà exprimé leur volonté de rentrer volontairement en RDC.
Le représentant du HCR espère que les travaux de la commission permettront de dégager une feuille de route précise, notamment sur les zones de retour, afin d’organiser un rapatriement dans des conditions sécurisées et durables.
À l’ouverture des travaux, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de faire du retour des réfugiés une démarche volontaire, préparée et respectueuse de leur dignité. Le représentant du HCR, Mark Kirya, a notamment souligné l’importance d’un mécanisme clairement défini pour accompagner les futurs rapatriés :
« Depuis plusieurs générations, les réfugiés congolais présents en Tanzanie bénéficient de la protection et de l’assistance du gouvernement tanzanien ainsi que du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Aujourd’hui, plusieurs milliers de ces réfugiés ont exprimé leur volonté de rentrer volontairement dans leur pays. Il est donc important que nous puissions travailler ensemble, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et le HCR, pour faire en sorte que ce retour puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Nous devons notamment parvenir à une feuille de route claire, identifier les zones où ces personnes pourront retourner et nous assurer que les conditions nécessaires à leur réintégration soient réunies. Le retour doit être volontaire, sécurisé et durable. Il ne suffit pas de transporter les réfugiés vers leur pays ; nous devons également veiller à ce qu’ils puissent retrouver leurs communautés dans la dignité et bénéficier des conditions minimales leur permettant de reconstruire leur vie. Cette réunion constitue donc une étape importante pour renforcer la coordination entre les différentes parties et préparer concrètement le processus de rapatriement », a déclaré Mark Kirya.
Pour sa part, Franklin Rwerimula, chef de la délégation tanzanienne, a rappelé la longue tradition d’hospitalité de son pays envers les populations contraintes à l’exil. Il a souhaité plein succès aux travaux et au processus de retour volontaire des Congolais.
C’est Mukandi Malu Eric, chef de la délégation congolaise, qui a officiellement ouvert les travaux. Dans son intervention, il a condamné ce qu’il qualifie d’agression rwandaise menée avec l’appui des supplétifs du M23, qu’il tient pour responsable de nombreux déplacements de populations congolaises, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Le responsable de la délégation congolaise a salué les efforts engagés par le gouvernement pour favoriser le retour de la paix et a insisté sur la nécessité de garantir aux réfugiés qui souhaitent regagner la RDC un retour librement consenti, sécurisé et effectué dans la dignité.
La huitième réunion de la commission tripartite devra ainsi permettre aux experts congolais, tanzaniens et du HCR de faire avancer les préparatifs du rapatriement et de définir les prochaines étapes de ce processus.
Depuis Lubumbashi, Dédé Roy