Goma : les peuples autochtones dénoncent la précarité et la marginalisation de leurs communautés

Goma : les peuples autochtones dénoncent la précarité et la marginalisation de leurs communautés

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Ghislain Lukambo

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À Goma, les peuples autochtones tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions de vie, qu’ils jugent de plus en plus précaires. Difficultés d’accès aux ressources forestières, pauvreté, perte des espaces de vie et obstacles à la scolarisation des enfants figurent parmi les préoccupations exprimées par plusieurs membres de ces communautés, qui disent se sentir marginalisés et insuffisamment pris en compte.

Ces préoccupations ont été au cœur de la commémoration de la Journée internationale des peuples autochtones, organisée ce vendredi 28 août 2026 par La Prunelle RDC ASBL. L’activité a notamment été marquée par une exposition photographique placée sous le thème « Terres perdues, visages oubliés », destinée à mettre en lumière les réalités quotidiennes des communautés autochtones.

À travers cette exposition, les organisateurs ont voulu donner davantage de visibilité aux difficultés rencontrées par ces populations, notamment celles liées à l’accès à leurs ressources traditionnelles. Pour plusieurs participants, la perte ou la restriction de l’accès à certains espaces forestiers a également des conséquences directes sur les moyens de subsistance et les conditions socio-économiques des familles.

Au cours de cette activité, les membres de la communauté ont notamment insisté sur les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés et sur la nécessité de garantir leurs droits ainsi que leur accès aux ressources nécessaires à leur survie. L’un d’eux explique :

« Aujourd’hui, nous vivons dans des conditions qui deviennent de plus en plus difficiles. Nos communautés ont beaucoup de problèmes, notamment en ce qui concerne l’accès aux ressources forestières qui nous permettaient autrefois de répondre à certains besoins de nos familles. Lorsque ces ressources deviennent difficiles d’accès, nous nous retrouvons dans une situation de grande précarité, parce que nous avons peu d’alternatives pour assurer notre survie. Nous voulons que les autorités et l’ensemble de la société comprennent que les peuples autochtones ne doivent pas être oubliés. Nous avons aussi droit à une vie digne, à l’éducation, aux soins et aux possibilités de participer au développement de notre pays. Aujourd’hui, beaucoup de familles vivent dans la pauvreté et certains de nos enfants éprouvent encore des difficultés à aller régulièrement à l’école. Nous souhaitons donc que des actions concrètes soient mises en place pour améliorer nos conditions de vie. Il ne suffit pas de parler de nous lors des journées commémoratives ; il faut aussi que nos préoccupations soient prises en compte dans les décisions et les programmes de développement. Nous demandons surtout à être considérés comme des citoyens à part entière, avec des droits qui doivent être respectés et protégés », témoigne-t-il.

La question de l’éducation revient également parmi les préoccupations majeures soulevées par les participants. Certains parents estiment que la précarité économique des ménages constitue un obstacle important à la scolarisation des enfants. Ils plaident pour des initiatives permettant de faciliter leur accès et leur maintien à l’école. Une autre membre de la communauté appelle, elle aussi, à davantage d’attention en faveur des enfants et des familles autochtones. Elle insiste sur la nécessité de dépasser les discours pour parvenir à des mesures concrètes :

« Nous voulons que nos enfants aient les mêmes possibilités que les autres enfants. L’éducation est très importante pour leur avenir, mais lorsque les familles vivent dans une grande pauvreté, il devient difficile de supporter toutes les dépenses liées à la scolarisation. Nous demandons donc que les autorités, les organisations et les autres partenaires puissent nous accompagner afin que nos enfants puissent étudier dans de bonnes conditions. Nous voulons également que nos communautés soient davantage impliquées dans les décisions qui concernent notre avenir. Nous avons souvent l’impression que les décisions sont prises sans nous consulter, alors que nous sommes les premiers concernés. Cette situation renforce le sentiment de marginalisation que beaucoup de personnes ressentent. À travers cette activité et l’exposition organisée aujourd’hui, nous voulons montrer notre réalité et faire comprendre que derrière les images, il y a des familles qui vivent des difficultés réelles. Nous ne demandons pas des privilèges, mais simplement que nos droits soient respectés, que nos enfants puissent aller à l’école et que nos familles puissent accéder aux moyens nécessaires pour vivre dignement. Nous espérons que les autorités entendront ce message et que les engagements pris en faveur des peuples autochtones pourront se traduire par des actions concrètes sur le terrain », plaide-t-elle.

La commémoration de cette journée aura ainsi servi de cadre pour remettre au centre du débat les conditions de vie des peuples autochtones à Goma et dans d’autres régions du pays. À travers le thème « Terres perdues, visages oubliés », les organisateurs ont également voulu attirer l’attention sur les conséquences sociales et économiques liées à la perte ou à la restriction de l’accès aux espaces traditionnellement occupés par ces communautés.

Les participants appellent enfin les autorités à renforcer les politiques en faveur des peuples autochtones, notamment dans les domaines de l’éducation, de la lutte contre la pauvreté, de l’accès aux ressources et de la protection de leurs droits.

Salomon Kwiraviwe, depuis Goma

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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