Le Gouvernement provincial du Haut-Katanga a dépêché une mission d’inspection dans le territoire de Mitwaba, au lendemain de l’attaque du camp militaire de Kyobo, qui a coûté la vie à plusieurs personnes. Conduite par le ministre provincial de l’Intérieur, Jean-Jacques Kashiba Ntambo, cette mission s’inscrit dans le cadre des instructions du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et du gouverneur de province, Martin Kazembe Shula, afin d’évaluer la situation sécuritaire, réconforter les populations affectées et suivre les premières mesures prises par les services de défense et de sécurité.
Le ministre provincial est arrivé sur le site de l’attaque dans la matinée du dimanche 2 août, accompagné de responsables des services de sécurité. Au camp militaire de Kyobo, il a recueilli le témoignage d’un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), rescapé de l’attaque.
Selon ce dernier, les assaillants ont lancé leur offensive à l’aube, profitant du fait que plusieurs militaires n’étaient pas de service et avaient déposé leurs armes au magasin d’armement, conformément aux règles militaires. Il raconte avoir entendu de nombreuses détonations avant d’apercevoir un groupe d’hommes armés portant un drapeau rouge, vert et blanc et entonnant des chants en kiluba.
« Nous n’avions pas nos armes, elles étaient restées au dépôt conformément à la discipline militaire. Nous avons entendu des tirs nourris avant de voir les assaillants pénétrer dans le camp. Ils ont incendié plusieurs habitations. En revenant plus tard, j’ai découvert que mon épouse avait été tuée et que mon beau-frère avait succombé après avoir été atteint par balle. », a témoigné le militaire rescapé.
Au cours de cette mission, le ministre provincial de l’Intérieur a pris part à l’inhumation des victimes avant de procéder à l’inspection du dépôt d’armes du camp militaire.

Les autorités provinciales ont également évalué les dégâts causés par cette attaque et échangé avec les responsables militaires déployés dans la zone.
Selon le bilan provisoire communiqué par le ministère provincial de l’Intérieur, dix personnes ont été tuées, dont huit civils et deux militaires des FARDC. Plusieurs blessés reçoivent actuellement des soins dans des structures sanitaires de la région. Les autorités indiquent également que 70 armes ainsi que des munitions de guerre ont été récupérées au dépôt militaire et que 15 personnes présentées comme des présumés combattants Maï-Maï ont été interpellées par les forces de défense et de sécurité.
« Le Gouvernement provincial reste déterminé à rétablir l'ordre et à assurer la protection des populations. Les personnes interpellées ont été transférées à Lubumbashi pour la poursuite des enquêtes, conformément aux instructions du gouverneur de province. Toutes les dispositions sont prises pour renforcer la sécurité dans cette partie du Haut-Katanga. », a déclaré le ministre provincial de l’Intérieur, Jean-Jacques Kashiba Ntambo.
Les quinze suspects arrêtés ont été transférés à Lubumbashi, où ils devront être entendus par les services compétents dans le cadre des investigations destinées à établir les circonstances de cette attaque et à identifier d’éventuels complices. Le Gouvernement provincial réaffirme sa volonté de renforcer la présence des forces de sécurité dans le territoire de Mitwaba afin de prévenir de nouvelles incursions armées et de restaurer un climat de confiance au sein de la population.
Cette attaque rappelle les défis sécuritaires persistants dans certaines zones du Haut-Katanga, où les autorités poursuivent leurs efforts pour lutter contre les groupes armés et garantir la protection des civils ainsi que des installations militaires.