Les commerçants spécialisés dans la vente de vêtements à Goma traversent une période particulièrement difficile. Dans plusieurs marchés et boutiques de la ville, les étalages sont bien garnis, les prix ont été revus à la baisse, mais les clients se font de plus en plus rares. Une situation qui inquiète les opérateurs du secteur, lesquels pointent du doigt la conjoncture économique défavorable et la baisse du pouvoir d’achat des ménages.
Depuis plusieurs mois, les vendeurs d’habits, qu’il s’agisse des vêtements neufs ou de la friperie, constatent une diminution sensible de leurs recettes. Dans certains magasins, les journées s’écoulent sans qu’une seule vente importante ne soit réalisée. Les commerçants affirment avoir multiplié des stratégies pour attirer la clientèle, notamment la réduction des prix, les ventes promotionnelles ou encore l’assouplissement des modalités de paiement. Malgré ces efforts, la reprise tant espérée ne se matérialise toujours pas.
Pour de nombreux opérateurs économiques, les familles gomatraciennes accordent désormais la priorité aux dépenses jugées essentielles, notamment l’alimentation, les frais scolaires, le logement et les soins de santé, reléguant l’achat de vêtements au second plan.
« Nous avons considérablement réduit les prix de nos marchandises pour permettre à tout le monde d’acheter. Il y a quelques années, un client pouvait entrer dans une boutique et acheter plusieurs tenues à la fois. Aujourd’hui, les gens viennent, demandent le prix, apprécient les articles, mais repartent sans rien acheter. Nous pouvons passer toute une journée avec des boutiques ouvertes sans réaliser de vente significative. Pourtant, nous avons des charges à supporter : le loyer, les taxes, le transport des marchandises et les besoins de nos familles. La situation devient de plus en plus difficile et nous craignons que certains commerçants soient contraints de fermer leurs activités si cette tendance se poursuit », témoigne un vendeur de vêtements rencontré au centre-ville de Goma.
Le ralentissement des ventes touche aussi les petites maisons d’habillement et les détaillants qui dépendent essentiellement des recettes quotidiennes pour renouveler leurs stocks. Certains commerçants indiquent avoir réduit leurs commandes auprès des fournisseurs en raison de l’incertitude économique qui pèse sur le marché.
« Nous observons une véritable baisse du pouvoir d’achat de la population. Même pendant les périodes où les ventes augmentaient habituellement, comme à l’approche des fêtes ou des événements familiaux, la clientèle n’est plus au rendez-vous. Beaucoup de personnes nous expliquent qu’elles n’ont plus les moyens de renouveler leur garde-robe et préfèrent consacrer leur argent à des besoins plus urgents. Nous continuons à travailler avec l’espoir que la situation s’améliorera, mais actuellement le commerce de l’habillement traverse une crise sérieuse qui menace les revenus de nombreuses familles vivant de cette activité », explique une commerçante interrogée dans le cadre d’un micro-trottoir réalisé par le journaliste Salomon Kwiraviwe.
Face à cette situation, les vendeurs de vêtements appellent à une amélioration du climat économique et à des mesures susceptibles de renforcer le pouvoir d’achat des ménages. Ils espèrent que la reprise des activités économiques permettra de redynamiser le secteur du commerce de l’habillement, considéré comme une source importante de revenus pour de nombreuses familles de la ville de Goma.
Salomon KWIRAVIWE, depuis la ville de Goma