La situation sécuritaire continue de susciter de vives inquiétudes dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Le Conseil communal de la jeunesse (CCJ) de la commune de Goma tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme après la découverte, mercredi 29 juillet, du corps sans vie d’un homme d’une trentaine d’années flottant sur les eaux du lac Kivu, dans le quartier Lac-Vert, précisément au niveau de l’avenue Majengo. Cette structure citoyenne dénonce une multiplication des cas similaires et appelle à des actions urgentes pour renforcer la protection des populations civiles.
Dans un communiqué rendu public le même jour, le Conseil communal de la jeunesse de Goma affirme que cette découverte macabre ne constitue pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une série d’événements préoccupants enregistrés ces dernières semaines dans plusieurs quartiers de la ville.
Selon cette organisation de la société civile, les découvertes répétées de corps sans vie, les signalements de disparitions et les cas présumés d’enlèvements traduisent une dégradation progressive du climat sécuritaire dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, une ville déjà fragilisée par plusieurs années de conflits armés et de crises humanitaires.
Le quartier Lac-Vert figure parmi les zones particulièrement citées par le CCJ, qui indique que plusieurs corps y ont été retrouvés ces derniers temps dans des circonstances qui demeurent préoccupantes. Pour cette structure citoyenne, la situation exige une attention particulière des autorités compétentes ainsi qu’une implication accrue des acteurs de protection des droits humains.
« Nous constatons avec une profonde inquiétude la répétition des découvertes de corps sans vie dans différents coins de la ville de Goma. Le cas enregistré au niveau de l’avenue Majengo dans le quartier Lac-Vert vient malheureusement s’ajouter à une longue liste de situations qui inquiètent la population. Derrière chaque corps retrouvé, il y a une famille qui attend des réponses, une communauté qui vit dans la peur et des citoyens qui réclament simplement le droit fondamental de vivre en sécurité. »
Le Conseil communal de la jeunesse estime également que plusieurs catégories sociales sont exposées aux risques d’insécurité, notamment les jeunes, les opérateurs économiques, les commerçants ainsi que certains responsables religieux. L’organisation évoque une montée des cas d’enlèvements et de disparitions qui alimentent un sentiment d’abandon au sein de la population.
« La jeunesse de Goma ne peut pas rester silencieuse face à cette situation. Nous appelons les autorités et toutes les parties prenantes à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à cette spirale d’insécurité. Il est indispensable que des enquêtes sérieuses soient menées afin d’établir les responsabilités et de rendre justice aux victimes. La population a besoin de savoir ce qui arrive à ses proches disparus et elle a besoin de retrouver confiance dans les mécanismes de protection. »
Dans son communiqué, le CCJ sollicite également l’implication des organisations nationales et internationales de défense des droits humains afin qu’elles renforcent leur suivi de la situation dans les zones affectées par les violences. La structure citoyenne plaide notamment pour l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations présumées des droits humains rapportées dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23. Pour le Conseil communal de la jeunesse, la protection des civils doit demeurer une priorité absolue dans un contexte où les populations continuent de faire face à des menaces multiples. L’organisation appelle à une mobilisation collective impliquant les autorités locales, les services de sécurité, les acteurs humanitaires et les organisations citoyennes.
Cette nouvelle alerte intervient alors que plusieurs organisations de la société civile à Goma continuent de signaler une augmentation des inquiétudes liées aux enlèvements, aux disparitions forcées et aux découvertes de corps sans vie. Elles demandent des mesures immédiates pour restaurer la sécurité et garantir la protection des habitants.
La population de Goma reste ainsi dans l’attente de réponses concrètes face à ces événements qui renforcent le sentiment d’insécurité dans une ville déjà éprouvée par les conséquences du conflit armé qui touche le Nord-Kivu.
Reportage : Salomon Kwiraviwe depuis Goma