L’actualité universitaire de la ville de Goma est dominée par l’annonce du changement du recteur de l’Université de Goma (UNIGOM), une décision rendue publique à travers un communiqué signé et publié ce vendredi 29 mai par le mouvement AFC/M23. Cette mesure, qui touche l’une des principales institutions d’enseignement supérieur du Nord-Kivu, suscite déjà de nombreuses réactions parmi les enseignants, les étudiants et les acteurs du secteur éducatif.
Dès la publication du document, les commentaires se sont multipliés dans les milieux académiques. Plusieurs observateurs s’interrogent sur les conséquences de cette décision pour le fonctionnement de l’université, alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de faire face à une situation sécuritaire et institutionnelle particulièrement sensible.
Pour de nombreux membres de la communauté universitaire, l’Université de Goma représente un patrimoine intellectuel majeur dont la stabilité demeure essentielle pour garantir la continuité des activités académiques et la formation des milliers d’étudiants qui y poursuivent leurs études. Certains craignent que les changements intervenant dans la gouvernance de l’institution n’aient des répercussions sur le déroulement du calendrier académique, la gestion administrative et la reconnaissance des actes académiques.
D’autres voix appellent cependant à éviter toute précipitation dans les analyses et plaident pour le maintien d’un climat serein au sein de l’établissement. Elles estiment que la priorité doit rester la poursuite normale des enseignements et la préservation de l’environnement universitaire, quelles que soient les évolutions observées dans le contexte politique et sécuritaire de la région.
« L’Université de Goma est avant tout une institution de savoir qui joue un rôle fondamental dans la formation de la jeunesse du Nord-Kivu et de plusieurs autres provinces. Les étudiants, les enseignants et le personnel administratif souhaitent avant tout que les activités académiques se poursuivent normalement. Les changements intervenus au niveau de la direction de l’université suscitent naturellement des interrogations, mais la principale préoccupation de la communauté universitaire demeure la stabilité de l’institution et la continuité des enseignements dans un environnement déjà marqué par de nombreux défis », a confié une source proche du milieu universitaire de Goma.
Au-delà de la question du leadership, plusieurs acteurs académiques soulignent l’importance de préserver l’autonomie et la crédibilité des institutions d’enseignement supérieur. Selon eux, les universités doivent continuer à remplir leur mission de formation, de recherche scientifique et de production des connaissances au bénéfice du développement de la société congolaise.
« Dans le contexte actuel, il est indispensable que toutes les parties prenantes privilégient le dialogue et l’intérêt supérieur de l’éducation. Les étudiants ont besoin de visibilité sur leur avenir académique, les enseignants doivent pouvoir exercer leur mission dans la sérénité et l’administration universitaire doit disposer des conditions nécessaires pour fonctionner efficacement. La stabilité du système éducatif constitue un enjeu stratégique pour toute la région. C’est pourquoi beaucoup appellent à des solutions qui garantissent la continuité institutionnelle et la préservation des acquis de l’enseignement supérieur », a déclaré un acteur du secteur éducatif sous couvert d’anonymat.
Alors que les réactions continuent d’affluer dans les milieux universitaires de Goma, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines étapes de la mise en œuvre de cette décision ainsi que ses implications sur la gestion de l’Université de Goma. Dans une province confrontée à de multiples défis, de nombreux observateurs estiment que la préservation de la stabilité des institutions éducatives demeure une priorité pour l’avenir de la jeunesse et du développement régional.
Salomon KWIRAVIWE depuis la ville de Goma