Le gouverneur de la province du Kasaï Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, a finalement rapporté son arrêté portant réaménagement du quartier Kasaï, situé dans la concession de la Société Minière de Bakwanga (Miba) à Mbujimayi. Cette décision intervient après plusieurs contestations suscitées par cette mesure, notamment de la part des responsables de la société minière qui dénonçaient une initiative jugée contraire aux dispositions légales protégeant le patrimoine foncier de l’entreprise.
Face à la pression grandissante et aux réactions de plusieurs acteurs concernés, l'autorité provinciale affirme avoir privilégié l'apaisement, l'équité et la justice afin de préserver la paix sociale dans cette partie de la ville.
Selon le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo, cette décision vise à favoriser un climat de dialogue entre les différentes parties prenantes et à éviter une escalade autour d'un dossier sensible touchant à la fois aux questions foncières, sociales et économiques.
« Nous avons choisi la voie de la responsabilité, de l'équité et de la paix. La gestion de cette question doit se faire dans le respect des droits de chacun et dans l'intérêt général. Notre rôle est de préserver la cohésion sociale tout en tenant compte des préoccupations exprimées par les différentes parties concernées », a indiqué l'autorité provinciale.
Du côté de la Société Minière de Bakwanga, cette décision est accueillie avec satisfaction. Les responsables de cette entreprise estiment que le retrait de cet arrêté constitue une reconnaissance de la nécessité de respecter le cadre légal qui régit les concessions minières et industrielles.
Cependant, sur le terrain, la tension reste perceptible. Certains habitants se réclamant des communautés autochtones Bakwanga continuent de contester cette situation et réclament une implication directe dans la gestion des espaces concernés. Ils estiment que leurs préoccupations doivent également être prises en compte dans la recherche d'une solution durable.
« Le retrait de l'arrêté constitue une étape importante, mais il ne signifie pas encore la fin du problème. Les discussions doivent se poursuivre afin de trouver une solution qui respecte les droits de toutes les parties, notamment les communautés locales qui vivent depuis longtemps autour de ces espaces. La paix durable passera nécessairement par le dialogue et la concertation », soutiennent plusieurs acteurs proches du dossier.
Ce dossier met en lumière la complexité des questions foncières à Mbujimayi, où les intérêts des entreprises minières, des autorités publiques et des communautés locales se croisent régulièrement. Les prochains échanges entre les différentes parties seront donc déterminants pour parvenir à une solution définitive.
Franck MBAMBI TSHIKUNGWILA, depuis Mbujimayi.