Quatre présumés bandits assimilés au phénomène « Kasukwiste » ont été maîtrisés dans la nuit du samedi au dimanche 10 mai 2026 par des jeunes de la cellule Vubange, au quartier Vutetse, en commune de Kimemi, dans la ville de Butembo. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces jeunes auraient été surpris aux environs de minuit alors qu’ils tentaient de cambrioler une boutique de la place. Alertés par des mouvements suspects, les jeunes du quartier engagés dans des actions de vigilance communautaire sont intervenus avant de procéder à leur arrestation.
Après leur interpellation, les quatre suspects ont été remis aux éléments des services de sécurité pour l’instruction de leur dossier. Les premières informations indiquent que tous seraient des mineurs d’âge. Cette situation soulève à nouveau la question de la montée de la délinquance juvénile dans plusieurs quartiers de Butembo, mais aussi celle des mécanismes juridiques encadrant la poursuite des enfants en conflit avec la loi en République démocratique du Congo.
Contacté par notre rédaction, le juriste et activiste des droits humains Maître Daniel Mate rappelle que la législation congolaise prévoit des dispositions spécifiques lorsqu’un mineur est impliqué dans une infraction. Il insiste sur la nécessité pour les autorités judiciaires de privilégier une approche éducative et de réinsertion sociale tout en sanctionnant les adultes qui exploitent les enfants dans des réseaux criminels organisés.
« Lorsqu’un mineur est impliqué dans une affaire pénale, il est important que la population comprenne que la justice ne fonctionne pas de la même manière que pour un adulte. Le droit congolais protège l’enfant même lorsqu’il est en conflit avec la loi. Cela signifie que les autorités doivent avant tout rechercher les causes profondes qui ont conduit cet enfant à commettre un acte infractionnel. Très souvent, derrière ces enfants, il existe des réseaux criminels composés d’adultes qui les manipulent et les utilisent comme instruments d’insécurité dans nos villes. La justice doit donc établir les responsabilités à tous les niveaux. Un mineur peut être entendu, encadré et soumis à des mesures éducatives ou de réinsertion, mais il ne doit pas être exposé à des traitements dégradants ou à des violences populaires. Nous appelons également les parents à jouer pleinement leur rôle dans l’encadrement moral des enfants. La montée de la délinquance juvénile est souvent liée à la pauvreté, au chômage, à la déscolarisation et au manque de repères sociaux. L’État, les familles, les écoles et la société civile doivent travailler ensemble afin de protéger la jeunesse contre les manipulations criminelles. »
Selon des sources locales, ces mineurs opéreraient en connivence avec certains adultes encore en fuite. Les services de sécurité poursuivent les enquêtes afin d’identifier tous les membres présumés de ce réseau de cambriolage qui inquiète plusieurs habitants de la commune de Kimemi.
Avec BABACAR VIKWA